L’Europe évite le pire
C’est le soulagement. Les craintes d’un défaut désordonné de la Grèce, aux conséquences catastrophiques pour l’ensemble de la zone euro, semblaient cette nuit complètement écartées. Le pays avait en effet prévenu qu’il renoncerait à l’opération s’il n’obtenait pas une participation des créanciers privés à l’opération d’échange de dette (PSI) d’au moins75%. Or, les premiers résultats indiquent même une participation massive des investisseurs à hauteur de 85%, et même 95% dans les scénarii les plus optimistes.
Entre 75 et 90% de participation, la Grèce devrait activer les clauses d’action collective (CAC), qui permettront de forcer l’échange des titres des créanciers ayant refusé l’offre volontaire, pour arriver à 100% de participation pour les titres de droit grec. Le taux d’approbation de 66% des détenteurs du nominal avec le quorum de 50% nécessaires pour activer les CAC ne font plus aucun doute. Selon la loi votée par le parlement grec, ils s’appliqueront alors à l’ensemble des titres de droit grec avant le 31 décembre 2011. En outre, les CDS grecs devraient également être déclenchés. Avec 3,2 milliards de dollars en net, le coût du règlement paraît supportable. Les banques et fonds d’investissement détenant des obligations qui ne relèvent pas du droit grec ont, eux, jusqu’au 11 avril pour se réunir et apporter, éventuellement, leurs titres à l’offre d’échange.
D’ailleurs, la BCE a décidé d’accepter de nouveau les titres grecs comme collatéraux dans les opérations de prêt sans condition sur leur notation. Christine Lagarde avait clairement indiqué que le FMI ne se prononcerait sur sa contribution au deuxième plan de sauvetage qu’une fois la contribution du secteur privé clairement définie. Dans un entretien télévisé à la chaîne PBS, elle estimait cette nuit que le scénario d’une crise profonde de la zone euro semble aujourd’hui écarté. Le ministre des finances grec, Evangélos Vénizélos se félicitait devant le parlement en indiquant que «si tout va bien, nous pourrons annoncer demain que le peuple grec a été allégé d’un fardeau de 105 milliards d’euros de dette». L’euro gagnait 1% à New York cette nuit, à 1,3275 contre dollar.
Malgré ce succès, les problèmes de la Grèce sont encore très loin d'être résolus. La troïka a déjà prévenu qu’un troisième plan d’aide financier, de l’ordre de 50 milliards d’euros, serait nécessaire compte tenu de la contraction de l’activité. Une pilule qui risque d'être difficile à avaler pour la population grecque,alors que le pays doit faire face à des élections en avril. « La possible incapacité de la Grèce à atteindre un excédent primaire de 4,5% du PIB en 2014 est lié aux risques sur la croissance» estime ainsi ING. «Une participation des créanciers publics sera inévitable en 2013/2014» ajoute la banque.
De plus, les analystes s’accordent à dire que le succès du PSI qui permet la réduction de la dette grecque de plus de 165% du PIB à 120,5% d’ici 2020, ne suffit pas pour qu’elle revienne à un niveau jugé soutenable. Tout juste permettra-t-il de gagner du temps. Credit Suisse s’attend à ce que les titres grecs continuent de traiter avec une prime de risque substantielle après l'échange avec des rendements qui demeurent compris entre 12 et 15%. Des sources indiquent les rendements des nouveaux titres grecs à 11 ans coteraient à plus de 22%.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah