L’Europe et les Etats-Unis veulent libéraliser l’information financière en Chine

L’OMC vient d'être saisie. L’enjeu : permettre aux agences d’information financière d'œuvrer hors de l’agence officielle
Jean-Marie MERCADAL
 -  @DR

La Chine s’est certes imposée comme puissance mondiale toutes catégories mais les vieux réflexes protectionnistes ont encore la vie dure. Hier lundi, l’Union européenne, suivie par les Etats-Unis, a porté devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le traitement que la Chine impose aux agences étrangères qui diffusent de l’information financière. « Un secteur financier fort passe par une circulation de l’information ouverte et concurrentielle », déclare en substance le commissaire européen chargé du Commerce, rajoutant espérer un règlement à l’amiable de ce différend.

Les règles imposées aux agences de presse comme Reuters, Bloomberg ou Dow Jones les obligent à opérer à travers l’agence Xinhua, qui commercialise aux utilisateurs chinois leur information financières, tout en étant en même temps leur concurrent. Pour un représentant chinois, cela ne change pas leur qualité d’agence de presse. A contrario, les plaignants devront démontrer qu’elles sont également à classer dans la catégorie services financiers. Un des arguments de défense de Pékin est justement que lors des négociations pour l’entrée de la Chine dans l’OMC, aucune disposition ne concernait l’information, seuls les services financiers avaient fait l’objet de promesse d’ouverture.

La représentante au commerce américain Susan Schwab note d’ailleurs que, depuis 2006, quand l’agence Xinhuan a vu son monopole confirmé pour la distribution et la publication d’informations d’agences étrangères, les règles sont devenues plus strictes qu’elles ne l’étaient avant, quand la Chine a rejoint l’OMC. Les observateurs estimaient à 100 millions de dollars le marché de l’information financière en 2006 et, depuis, il s’est développé à l’image de la croissance chinoise.

Les parties ont soixante jours pour trouver un compromis. Au-delà, un panel sera constitué, chargé de régler le différend.

Derrière ce désaccord, le débat sur le protectionnisme se trouve une nouvelle fois posé. C’est par exemple la question des fonds souverains qui devrait être examinée lors du Conseil européen des 13 et 14 mars. Certains Etats membres de l’Union européenne, dont l’Allemagne et la France, ont émis des inquiétudes devant le risque de voir les pays qui les détiennent les utiliser pour prendre le contrôle d’entreprises stratégiques comme la Russie... et la Chine. A la clé revient toujours la même question, celle de la transparence.

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