L’Europe et les Etats-Unis veulent libéraliser l’information financière en Chine
La Chine s’est certes imposée comme puissance mondiale toutes catégories mais les vieux réflexes protectionnistes ont encore la vie dure. Hier lundi, l’Union européenne, suivie par les Etats-Unis, a porté devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le traitement que la Chine impose aux agences étrangères qui diffusent de l’information financière. « Un secteur financier fort passe par une circulation de l’information ouverte et concurrentielle », déclare en substance le commissaire européen chargé du Commerce, rajoutant espérer un règlement à l’amiable de ce différend.
Les règles imposées aux agences de presse comme Reuters, Bloomberg ou Dow Jones les obligent à opérer à travers l’agence Xinhua, qui commercialise aux utilisateurs chinois leur information financières, tout en étant en même temps leur concurrent. Pour un représentant chinois, cela ne change pas leur qualité d’agence de presse. A contrario, les plaignants devront démontrer qu’elles sont également à classer dans la catégorie services financiers. Un des arguments de défense de Pékin est justement que lors des négociations pour l’entrée de la Chine dans l’OMC, aucune disposition ne concernait l’information, seuls les services financiers avaient fait l’objet de promesse d’ouverture.
La représentante au commerce américain Susan Schwab note d’ailleurs que, depuis 2006, quand l’agence Xinhuan a vu son monopole confirmé pour la distribution et la publication d’informations d’agences étrangères, les règles sont devenues plus strictes qu’elles ne l’étaient avant, quand la Chine a rejoint l’OMC. Les observateurs estimaient à 100 millions de dollars le marché de l’information financière en 2006 et, depuis, il s’est développé à l’image de la croissance chinoise.
Les parties ont soixante jours pour trouver un compromis. Au-delà, un panel sera constitué, chargé de régler le différend.
Derrière ce désaccord, le débat sur le protectionnisme se trouve une nouvelle fois posé. C’est par exemple la question des fonds souverains qui devrait être examinée lors du Conseil européen des 13 et 14 mars. Certains Etats membres de l’Union européenne, dont l’Allemagne et la France, ont émis des inquiétudes devant le risque de voir les pays qui les détiennent les utiliser pour prendre le contrôle d’entreprises stratégiques comme la Russie... et la Chine. A la clé revient toujours la même question, celle de la transparence.
Plus d'articles du même thème
-
La France a les atouts pour relancer sa compétitivité
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions. -
PARTENARIATRéindustrialisation : reconstruire une souveraineté durable
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”. -
Le rapport de la Commission sur la compétitivité bancaire peine à convaincre
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités. -
Visa lance sa plateforme de stablecoins
La «Visa Stablecoin Platform» permettra la détention, l'échange et l'émission de stablecoins. Elle sera accessible en version bêta à une sélection de clients dans un premier temps. -
La cote parisienne s'érode inexorablement
L’Autorité des marchés financiers objective dans un document de travail l’attrition de la place de Paris, chiffrant la baisse du nombre d’émetteurs sur Euronext Paris et Euronext Growth, ce marché enregistrant un recul depuis 2024. -
Les fonds suédois collectent près de 1,5 milliard d’euros en juin
L’encours des fonds suédois atteint un nouveau record à 910 milliards d’euros.
ETF à la Une
GMO met au point un ETF dédié aux infrastructures face à la forte croissance du secteur de l'électricité
- Natixis Investment Managers crée sa plateforme d’ETF actifs
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
- Goldman Sachs enregistre des encours record au deuxième trimestre 2026
- L&G dévoile un nouvel ETF Ucits sur les actions mondiales
Contenu de nos partenaires
-
Ukraine : nouvel appel à manifester à Kiev pour soutenir l'ex-ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov
A Kiev, notamment, des manifestations ont eu lieu pour demander le retour de Mykhaïlo Fedorov à la tête du ministère de la Défense et le renvoi du commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky -
Guerre au Moyen-Orient : l'échange de frappes continue entre l'Iran et les Etats-Unis
Des bombardements américains ont fait trois morts dans le sud de l’Iran. Téhéran a répliqué : l’armée jordanienne a intercepté des missiles, tandis que Bahreïn et le Koweït ont aussi été la cible du régime iranien -
Ane de BuridanMélenchon ou Glucksmann ? Le choix impossible qui menace de faire imploser les Ecologistes de Marine Tondelier
En l’absence de primaire, les Verts n’ont plus les moyens de mener une candidature autonome à son terme. Quitte à n’être qu’une force d’appoint, certains autour de Marine Tondelier préparent déjà l’après : négocier un ralliement à la présidentielle contre des circonscriptions aux législatives