L’Europe défend l’accès de ses entreprises aux marchés publics étrangers

Un nouvel instrument sera dévoilé en 2011 pour garantir une plus grande réciprocité. Bruxelles réaffirme son credo libre-échangiste
Florence Autret, à Bruxelles

En dépit de la guerre des changes larvée, des restrictions aux investissements qui apparaissent ici et là, la Commission européenne assure qu’elle restera fidèle à son credo libre-échangiste. «L’Europe rejette le protectionnisme. C’est le message que nous porterons au G20 à Séoul», a déclaré hier le commissaire au Commerce Karel de Gucht en dévoilant la nouvelle stratégie commerciale de l’Union. En progressant sur tous les fronts: accès aux marchés pour les services et les investissements, ouverture des marchés publics, protection de la propriété intellectuelle, «accès non limité aux matières premières et à l’énergie» et abaissement des barrières réglementaires, les Vingt-Sept peuvent gagner un point de PIB d’ici à 2020.

L’Europe est la seule puissance économique à avoir maintenu depuis dix ans sa part dans le commerce mondial des biens (autour de 17%), alors que celles des Etats-Unis et du Japon ont rapidement décliné face à la poussée de la Chine (environ 12% contre moins de 5% il y a dix ans). Depuis le creux atteint en mai 2009, les volumes d’échange de biens et services ont repris plus de 24%, portés par la demande des pays émergents.

Bruxelles ne reste toutefois pas sourde aux plaintes des entreprises européennes qui s’estiment victimes de concurrence déloyale ou voient leurs droits de propriété intellectuelle foulés au pied. Depuis l’entrée de la Chine dans l’OMC, les saisies dans les ports et aéroports de l’Union européenne explosent et les deux tiers d’entre elles viennent de Chine. Par ailleurs, début 2010, un groupe public chinois a remporté son premier grand contrat public en Pologne au nez et à la barbe des géants européens du BTP. Karel de Gucht veut «mettre plus l’accent sur la mise en œuvre » des accords existants.

Cette stratégie souffre toutefois une exception, pour les marchés publics. Un «nouvel instrument» est actuellement sur le métier et sera dévoilé en 2011 dans le but de garantir une plus grande «réciprocité» dans l’accès aux marchés. La Commission publiera également pour la première fois un rapport sur les mauvaises pratiques (barrières tarifaires ou non, mesures protectionnistes) de ses partenaires en vue du Conseil européen de printemps. En attendant, Karel de Gucht veut avancer à la fois à Genève, où le bouclage du cycle de Doha lui semble possible en 2011, et sur des accords bilatéraux notamment avec l’Inde, le Canada, l’Ukraine et le Mercosur.

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