L’Eurogroupe planchera sur la tutelle grecque
Les ministres des Finances de l’eurozone se retrouvent ce soir à Bruxelles pour tenter de boucler le dossier grec. A un mois de la prochaine échéance sur la dette grecque, plusieurs points durs restent à négocier. La création d’un compte sous séquestre sur lequel on verserait tout ou partie des prêts européens semble acquise mais les modalités font toujours débat. Paris, qui estimait vendredi que tous les éléments d’un accord étaient réunis, ne voulait pas envisager l’hypothèse d’un échec et d’un report de la décision au Conseil européen des 1er et 2 mars.
A l’issue d’un entretien téléphonique vendredi entre la chancelière allemande, le Premier ministre italien et son homologue grec, Berlin a fait part de son optimisme quant au fait que les ministres «trouvent une solution aux questions ouvertes». «Nous considérons qu’il doit y avoir un accord. Si cet accord ne devait pas fonctionner, ce ne serait pas à cause de problèmes techniques» mais politiques, expliquait vendredi une source française.
Le compte sous séquestre «est le dernier point à trancher avec la participation des banques centrales», note une source diplomatique. Et d’ajouter que «sur le compte bloqué, les travaux … sont finalisés à 90%». Les modalités de tenue du compte devaient à nouveau faire l’objet d’une négociation entre directeurs du trésor hier après-midi à Bruxelles. La Commission, une autorité grecque ou un représentant des créanciers internationaux doit-il être aux commandes de ce compte ? Paris penche pour une option pas trop invasive.
«Il s’agit d’apporter une solution technique claire qui permette que le service de la dette soit assuré» en priorité sur les dépenses courantes de l’Etat grec, explique une source diplomatique. «Il faut qu’il y ait une équipe sur place en permanence avec un droit de regard et une capacité à obtenir l’information bien définie ainsi que certains droits d’intervention», indiquait vendredi une source allemande.
Il semble désormais acquis que la mise en place du compte est un préalable au déblocage des fonds du deuxième plan de 130 milliards d’euros, dont 30 milliards affectés à une garantie publique sur les nouvelles obligations émises dans le cadre de l’échange d’obligations proposé aux créanciers privés. Celui-ci pourrait se dérouler entre le 8 et le 11 mars, selon une source grecque citée par Reuters.
Le gouvernement grec prépare par ailleurs l’introduction de clauses d’actions collectives sur les titres de créances existants afin de garantir la participation de tous les créanciers privés au programme d’échange d’obligations qui devrait être ouvert dans les jours qui viennent si un accord intervient. Un analyste d’UBS cité par Bloomberg estimait que «si un défaut coercitif a effectivement lieu», il déboucherait sur un évènement de crédit et le déclenchement des CDS «avec toutes les conséquences négatives qui pourraient en découler quant à l’appétit des investisseurs pour le risque».
Selon des sources citées par Bloomberg, la BCE qui détient environ 50 milliards d’obligations grecques serait en train de procéder séparément à un échange d’obligation. Cette opération serait distincte d’une éventuelle participation indirecte de la BCE au soutien à la Grèce via une prise de bénéfice sur une autre partie de ses titres, laquelle serait ensuite retournée à ses actionnaires, pour leur permettre de compléter le plan de soutien à la Grèce.
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