L’Eurogroupe entrouvre la porte à une renégociation

Jean-Claude Juncker a voulu calmer les esprits. Mais à Athènes, les négociations patinent
Florence Autret, à Bruxelles
Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Photo CUE.
Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Photo CUE.  - 

« Notre ferme, ferme engagement est de conserver la Grèce dans la zone euro», a déclaré le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker à l’issue d’une réunion des ministres des finances hier soir à Bruxelles. Il prend ainsi à rebours des multiples déclarations récentes de dirigeants européens évoquant la possibilité d’une éjection de la Grèce de la zone euro. La formation d’un gouvernement est un préalable à une éventuelle modification du programme négocié avec les bailleurs internationaux du pays, a-t-il dit.

Et Jean-Claude Juncker d’ajouter que «nous n’avons pas à faire la leçon aux Grecs… Je ne pense pas que la bonne manière de procéder avec eux soit de les effrayer jour après jour». «Personne n’a mentionné une sortie de la Grèce de la zone euro», a-t-il ajouté, démentant les rumeurs sur des préparatifs techniques de sortie.

Le Luxembourgeois est allé plus loin en esquissant une piste de renégociation avec les autorités grecques. «Il faut un gouvernement de plein exercice pour pouvoir parler de nouveaux éléments du programme», a-t-il précisé dans ce qui ressemblait à une main tendue. Une révision des délais de consolidation budgétaire serait soumise à deux conditions: la formation d’un «gouvernement de plein exercice» et un engagement de celui-ci sur le programme. «Nous n’allons pas nous dérober à ce que l’on prolonge les délais», a-t-il dit. Mais d’ajouter aussitôt que puisque les «deux conditions n’étaient pas remplies… il ne pourra pas y avoir de modification des programmes».

Alors même que les ministres des finances se réunissaient à Bruxelles en présence du leader du parti socialiste et ministre de l’économie sortant grec Evangélos Vénizélos, à Athènes, le président Kaorlos Papoulias constatait l’échec des discussions pour la formation d’un gouvernement de coalition. Il a proposé le retour à un gouvernement technique, comme celui dirigé après novembre 2011 et jusqu’aux élections du 6 mai par l’ancien banquier central Lucas Papadémos et invité l’ensemble des partis, à l’exception de l’extrême-droite, à une réunion mardi matin à 11 heures. L’option d’un gouvernement technique est pour l’instant rejetée par la Syriza, la coalition de la droite radicale qui rejette le memorandum des créanciers internationaux et est donnée favorite en cas de nouvelles élections.

Jean-Claude Juncker a souligné qu’une nouvelle tranche d’un milliard d’euros serait versée à Athènes d’ici fin juin, conformément au second programme approuvé dans la douleur en mars dernier. Le Fonds européen de stabilité a débloqué, dans le cadre du programme d’aide et de la restructuration de sa dette, 108 milliards d’euros ces deux derniers mois, «les plus actifs de ses deux années d’existence», avec des émissions «pratiquement chaque semaine», a précisé son directeur Klaus Regling.

L’Eurogroupe campe par ailleurs sur sa stratégie de retour rapide à des déficits inférieurs à 3% du PIB, laquelle ne fait selon son président pas débat. «Nous sommes unanimes à croire qu’il n’y a pas de contradiction entre la consolidation budgétaire et la politique en faveur de la croissance», a dit Jean-Claude Juncker. Il a également indiqué que la décision sur sa succession à la tête de l’Eurogroupe serait prise «au plus tôt fin juin», son mandat expirant le 17 juillet. Il est donc probable qu’il préside encore la réunion du 16 juillet. De son côté, le Parlement européen a voté hier en faveur de plus de souplesse dans l’application des règles budgétaires.

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