L’euro se met au diapason des incertitudes entourant l’avenir de la zone

La monnaie unique a chuté de 5% sur les trois dernières semaines contre dollar pour tomber à 1,2514, son plus bas niveau depuis le 6 juillet 2010
Patrick Aussannaire

L’euro est en chute libre. Alors que les indices pointent une contraction de la croissance en zone euro au deuxième trimestre (lire article page 2), la monnaie unique a chuté de 5% sur les trois dernières semaines contre dollar pour tomber à 1,2514, son plus bas niveau depuis le 6 juillet 2010. Elle est descendue de 22% depuis son plus haut historique de 1,6038 atteint à l’été 2008. «Le rythme de chute de l’euro a été très rapide et les marchés cherchent un niveau sur lequel la devise pourrait se stabiliser – il pourrait être autour de 1,25» estime Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ.

Signe de la forte tension sur l’euro: la volatilité implicite à un mois du cours de l’euro-dollar a ainsi atteint 13,13% hier, son plus niveau depuis 4 mois. A court terme, les cambistes interrogés citent des «stop loss» sur un niveau de parité de 1,248. A la Bourse de Tokyo ce matin, l’euro se reprenait légèrement à 1,2548 et à 99,97 contre yen après avoir chuté de 0,2% la veille à 99,76 et être même tombé à son plus bas niveau de 4 mois, à 99,37.

Les analystes techniques considèrent qu’un franchissement à la baisse du seuil de 1,25 pourrait envoyer l’euro à son niveau de juin 2010 de 1,1876. Les analystes interrogés par Bloomberg anticipent cependant toujours un rebond à 1,28 à la fin de l’année. Les prévisions les plus pessimistes tablent sur une parité de l’euro à 1,15, son niveau de 2003 représentant une baisse de 8% par rapport au cours actuel. Dans le cas d’un défaut désordonné de la Grèce, Citigroup estime que l’euro pourrait même revenir à parité avec le dollar.

Même les fonds européens, dont Amundi et Threadneedle Investments, se délestent de leurs actifs en euros, selon le Financial Times. Eric Brard, responsable des activités de taux chez Amundi, explique que «dans les dernières semaines la perception des risques d’une explosion de la zone euro et d’une sortie de la Grèce par les marchés a augmenté».

Il précise néanmoins que «même si nous avons réduit notre exposition à l’euro, un euro plus faible pourrait être une bonne nouvelle pour l’Europe et les sociétés exportatrices du continent». D’ailleurs, la chute de l’euro a des effets adverses pour les autres devises. Le sterling britannique est revenu testé 0,79 contre, alors que la croissance devrait être nulle cette année. Et la Banque nationale suisse de rappeler qu’elle interviendra sur le marché des changes si nécessaire pour défendre la parité de 1,20 contre euro.

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