L’euro reste de marbre face au durcissement de la crise grecque
L’euro offre une résistance surprenante aux tensions en Grèce. Ni le défaut de paiement de la Grèce au FMI hier soir, ni l’incertitude quant à l’issue du référendum qui se tiendra dimanche dans le pays pour sceller le sort qui sera réservé à la proposition d’accord de ses créanciers, ni le renforcement de la probabilité d’une sortie de la zone euro n’ont eu raison de la vigueur de la monnaie unique qui n’a cédé que 1% par rapport à ses niveaux de fin de semaine dernière, à une parité de 1,11 contre dollar, de 0,71 contre la livre sterling, et de 138,3 contre yen. «Comme pour les autres classes d’actifs, le marché des changes s’accroche à l’espoir d’un accord ou d’un arrangement de dernière minute, surtout après que le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble ait indiqué hier que la Grèce [devait] rester au sein de la zone euro même si le ‘non’ l’emporte dimanche», estime Nordine Naam, stratégiste chez Natixis.
Mais c’est surtout le spread entre les rendements d’Etat de la zone euro et américains qui guident depuis quelques mois l’évolution de l’euro-dollar, comme l’indique SG CIB. Or, son niveau est resté extrêmement stable à 156 pb (points de base) sur la partie 10 ans depuis le début de la semaine, après s’être resserré de 30 pb depuis le point bas de l’euro à 1,05 atteint mi-mars. Les investisseurs restent néanmoins toujours très nerveux, comme le montrent les tensions enregistrées lundi sur la volatilité implicite à un mois sur l’euro-dollar qui est montée en séance à 15,3%. A 12,8% en moyenne sur juin, son niveau a ainsi doublé par rapport à celui enregistré l’an dernier et dépasse désormais de 2 points sa moyenne de long terme, pour rejoindre ceux qui prévalaient au cours des années 2010 et 2011. A ce stade, elle reste néanmoins toujours nettement inférieure aux niveaux de tensions extrêmes enregistrés fin 2008 et début 2009.
Dans ce contexte, les économistes ont bien du mal à ajuster leurs prévisions de change. «On a constaté lundi matin que l’euro-dollar pouvait chuter de 3% en une séance et redescendre au moins jusqu’à 1,095», juge Nordine Naam, qui ajoute qu’une forte correction n’est pas à exclure si le «non» l’emporte dimanche. A court terme, l’euro pourrait également être impacté par un effet dollar, notamment après la publication vendredi du rapport sur l’emploi américain de juin, qui constituera un bon indicateur sur le moment que choisira la Fed pour déclencher sa normalisation monétaire.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre. -
Les fonds ne peuvent plus ignorer l'IA et la cybersécurité dans leurs opérations de M&A
Lors de l'acquisition d'une société, les groupes de capital investissement doivent désormais prendre en compte les risques liés à l'intelligence artificielle et à la cybersécurité en réalisant des audits appropriés et en mettant en place des clauses contractuelles sur mesure, estiment dans une tribune Clara Hainsdorf et Guillaume Vitrich, avocats associés chez White & Case. -
La dette émergente corporate joue les actifs refuges
Ce segment du marché a été le plus résilient dans la dette émergente et dans la plupart des actifs risqués depuis le début du conflit en Iran. -
Sophie Kurinckx-Leclerc : «Banijay conserve de la flexibilité pour des opportunités de M&A»
En quelques mois, le spécialiste du divertissement a annoncé deux acquisitions majeures. La directrice financière de Banijay, Sophie Kurinckx-Leclerc, détaille l’impact de ces opérations sur les activités et les finances de l’entreprise. -
Iliad évince Microsoft du Health Data Hub
Le fournisseur de cloud Scaleway, filiale d'Iliad, a été retenu à l’issue d’un appel d’offres pour l’hébergement des données de santé des Français, à la place de Microsoft.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Marie Dauvergne (BNPP AM) : « La gestion solidaire est de l'investissement, pas de la philanthropie »
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie