Les obligations sécurisées du groupe ont été dégradées. Menacée de lourdes provisions en 2008, la banque voit ses coûts de refinancement exploser
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Alexandre Garabedian
Sale temps pour Washington Mutual. La sixième banque américaine par les dépôts, qui paie déjà un lourd tribut à la crise du subprime, voit se renchérir une source de refinancement à bon compte. Mardi soir, Moody’s a baissé d’un cran, de AAA à Aa1, la note des obligations sécurisées (covered bonds) émises par le groupe, dans la foulée de la dégradation de la note de la banque. Et hier, Fitch a placé ces titres sous perspective négative.
Cette décision constitue un revers de plus pour la banque. Washington Mutual avait été le premier émetteur américain à venir tester en 2006 le marché des obligations sécurisées, qui trouve ses racines en Europe. Elle a placé pour 6 milliards d’euros (7,78 milliards de dollars) de titres à ce jour, adossés à un portefeuille de prêts de 9,2 milliards de dollars. Ses prochaines émissions, si elles ont lieu, lui coûteront forcément plus cher.
Une mauvaise nouvelle qui arrive au moment où le secteur bancaire se tourne de plus en plus vers les obligations sécurisées pour se refinancer à bon compte. Malgré des perturbations ponctuelles, les covered bonds, souvent notées AAA, constituent l’un des rares segments du marché de crédit à fonctionner correctement depuis le début de la crise.
D’autres signatures nord-américaines ont d’ailleurs suivi le mouvement, comme Bank of America ou CIBC qui s’apprête à lancer un programme.
«Pour l’instant, le problème concerne Washington Mutual, et il serait exagéré de déduire que cet abaissement de note compliquera la tâche des autres émetteurs américains de covered bonds, estime Bernd Volk, analyste chez Deutsche Bank. Mais cela poussera peut-être le FDIC à faire évoluer rapidement sa politique». Le Federal Deposit Insurance Corp., qui garantit les dépôts outre-Atlantique, doit préciser dans les prochains jours comment et dans quel délai il pourrait rembourser les porteurs d’obligations sécurisées en cas de défaut d’un émetteur américain.
La liste des soucis s’allonge donc pour Washington Mutual. En perte en 2007, la banque devrait encore passer de lourdes provisions en 2008. Son action a chuté de 70 % en un an, et ses CDS (credit default swaps) à cinq ans se traitent aux alentours de 650 points de base, soit un écartement de 250 pb en un mois. Le marché bruissait même cette semaine de rumeurs d’injection de fonds de la part de Warren Buffett et Goldman Sachs.
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