L’essor des gaz de schiste aura un impact grandissant sur le paysage énergétique européen
Un nouvel âge d’or du gaz semble s’ouvrir», juge Deloitte dans son étude «Energy Predictions 2012», en rappelant que l’Agence internationale de l’énergie table sur une croissance de la demande mondiale de 45% d’ici 2030. L’essor de la production de gaz de schiste en Amérique du Nord a cependant créé une forte distorsion des prix entre les marchés gaziers indexés sur le pétrole (Europe continentale, Asie) et ceux concurrentiels comme les Etats-Unis. Les prix du gaz naturel sur les marchés américains sont restés très faibles depuis la crise de 2008 alors que ceux du pétrole ont fortement remonté à partir de 2009 (voir graphique).
La concurrence induite entre gaz de schiste et gaz naturel liquéfié pourrait être mondiale si les Etats-Unis deviennent exportateurs, mais cela nécessitera des investissements significatifs. En Europe, les approvisionnements en gaz naturel passent le plus souvent par des contrats de long terme (de gré à gré) passés avec des producteurs russes, algériens ou norvégiens. Auparavant indexés sur le pétrole, ces contrats incluent désormais une indexation partielle sur les prix au comptant du gaz.
Malgré des ressources importantes, notamment en France et en Pologne, la production de gaz de schiste en Europe a été freinée par les risques de pollution de la nappe phréatique et la forte consommation en eau. Le développement de la production de gaz non conventionnels permettrait d’utiliser davantage le gaz naturel comme carburant, tout en réduisant la dépendance énergétique de la région. Dans le cas contraire, l’essor des gaz de schiste dans d’autres pays devrait tout de même être bénéfique aux Européens, en amplifiant la baisse des prix du gaz sur les marchés organisés et sur les contrats de long terme.
{"title":"","image":"78067»,"legend":"Prix du gaz am\u00e9ricain d\u00e9connect\u00e9 de celui du p\u00e9trole»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah