L’Espagne teste Bruxelles et ses partenaires en relevant son objectif de déficit
Madrid remet les compteurs à zéro. Mariano Rajoy, le nouveau chef du gouvernement espagnol, a annoncé vendredi un objectif de déficit public de 5,8% du PIB en 2012. Un chiffre largement supérieur aux 4,4% que la Commission européenne et le précédent gouvernement socialiste s’étaient fixés. La nouvelle prévision de l’Espagne représente un dérapage d’environ 15 milliards d’euros. Les détails du budget 2012 seront présentés le 30 mars.
En raison d’une croissance plus faible que prévu et d’une exécution budgétaire compliquée dans les régions autonomes, le nouveau gouvernement issu des urnes en novembre a nettement révisé en hausse le déficit 2011: ce dernier atteint 8,5%, au lieu des 6% promis. Avec une telle base de départ, l’objectif 2012 n'était plus tenable.
Mariano Rajoy a-t-il chargé la barque pour se laisser des marges de manœuvre cette année? Certains le soupçonnent. Mais pour de nombreux économistes, un assouplissement de l’objectif de déficit de 4,4% du PIB semblait nécessaire, sauf à engager l’Espagne dans un resserrement excessif qui aurait aggravé la récession. Madrid prévoit déjà une contraction du PIB de 1,7% cette année, contre 1% selon les experts de la Commission européenne.
«Nous pensions que le gouvernement s’en tiendrait à un objectif inférieur à 5,5% du PIB, explique Ricardo Santos, économiste chez BNP Paribas. Et en cas de nouveau dérapage cette année, la cible de 3% du PIB pour 2013 devrait à son tour être révisée, entamant la crédibilité du pays».
Au-delà, c’est tout le nouveau pacte budgétaire, signé vendredi par 25 des 27 pays de l’Union (lire page 3) qui se trouve soumis à un test de crédibilité. D’autant que Mariano Rajoy, au nom de la souveraineté nationale, n’a pas informé les autres chefs d’Etat et a renvoyé à avril sa communication officielle des objectifs à la Commission européenne.
Les discussions entre Madrid et Bruxelles, qui pourrait en théorie sanctionner l’Espagne, s’annoncent donc serrées dans les mois à venir, et source de volatilité potentielle pour les marchés. L’avancement des réformes annoncées par le gouvernement n’en prendra que plus d’importance. «Nous pensons que l’Union européenne acceptera un assouplissement des objectifs compte tenu des progrès, plus importants à nos yeux, réalisés sur les réformes structurelles comme celle du marché du travail», notait Gilles Moëc, économiste chez Deutsche Bank, avant ces annonces.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions reviennent avec confiance vers les actions
Les actions pèsent de nouveau la moitié du portefeuille du Panel Allocation. Ce regain s'opère au détriment de l’obligataire et du cash. -
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets. -
L’économie française subit un coup de mou au premier trimestre
Le PIB s’est légèrement contracté alors que l’inflation continue d’augmenter et que le chômage remonte. Les premiers effets de la crise au Moyen-Orient se font sentir et aucun moteur de croissance ne compense ce ralentissement. -
SCPI : les faits marquants du mois de Mai 2026
Chaque mois, la rédaction de L’Agefi Patrimoine vous propose un condensé des nouvelles des SCPI : acquisitions, cessions, liquidités, nominations… -
Les minoritaires de Meta réclament majoritairement le principe « une action, une voix »
Lors de l’assemblée générale du 27 mai, l’une des dix résolutions dissidentes, proposant d’adopter un plan de recapitalisation attribuant une voix à chaque action en circulation, a obtenu 26% de soutien, alors que Mark Zuckerberg contrôlait les deux tiers de l’assemblée.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
- Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : pour son premier meeting, Gabriel Attal promet « la force d’agir »
Devant près de 5 000 personnes, samedi 30 mai au Parc des Expositions, à Paris, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique, l’éducation ou encore l’IA. S’il souhaite percer dans cette campagne, il refuse d’appeler « adversaires » ses rivaux du socle commun, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau -
Edgar Morin, sociologue et philosophe de renom, est mort à l’âge de 104 ans
Figure médiatique, le philosophe Edgar Morin appartenait à une gauche moderne. Mort à 104 ans, vendredi 29 mai, il était considéré comme le dernier grand intellectuel français -
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France