L’Espagne s’approche de la cote d’alerte sur le coût de sa dette

Le ministre de l’Economie s’est inquiété du niveau des spreads, qui ont dépassé les 400 pb avec le Bund allemand et «ne seront pas tenables longtemps»
Patrick Aussannaire

La cote d’alerte repasse dans le rouge en zone euro. Le rendement des obligations d’Etat espagnoles a connu sa pire semaine depuis le début de l’année, avec un taux à 10 ans qui s’est envolé à 5,81%, soit son plus haut niveau depuis le 12 décembre dernier. Le spread avec le Bund allemand a franchi la barre symbolique des 400 points de base hier. Le prix des CDS à 5 ans a suivi une tendance similaire, passant de 343 pb le 7 février dernier à 466 pb hier. Si le taux à 2 ans reste faible à 2,7%, et que le gouvernement a pris de l’avance sur son programme d’émission, avec 47% de l’objectif annuel déjà réalisé, le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, s’est inquiété du niveau des spreads qui «ne seront pas tenables longtemps» pour l’Etat et les banques qui ont des difficultés pour se refinancer. «Cette situation doit être renversée» selon le ministre.

L’Espagne reste largement dépendante de la capacité de ses banques à acheter ses obligations avec les fonds avancés par la BCE. Barclays estime qu’elles ont acheté pour 39 milliards d’euros d’obligations espagnoles en janvier et février, contre 8 milliards pour les banques allemandes et 6 milliards pour les françaises. JPMorgan estime que l’exposition de la BCE aux banques espagnoles a atteint 15% de son PIB fin février, et qu’elles pèsent à hauteur de 47% dans le bilan de la BCE. Une situation qui pourrait inciter la banque centrale à faire pression sur Madrid pour accepter l’aide européenne, comme ce fut le cas pour l’Irlande. Une solution qui «serait la pire des issues possibles, un tout dernier recours. L’Espagne ne peut perdre son autonomie pour ce qui concerne la politique économique» selon Luis de Guindos.

Mais l’Espagne n’est pas la seule dans la tourmente. Le 10 ans italien a atteint 5,49% hier, le portugais 12,07%. Des pays pris dans l’étau entre rigueur et récession. Si au moindre dérapage sur les objectifs budgétaires, la sanction des marchés tombe, le FMI a indiqué hier que vouloir à tout prix atteindre les objectifs de réduction de déficits n’est peut-être pas la voie à suivre pour le Portugal si la récession dont souffre le pays s’avère plus sévère que prévu. Dans un entretien accordé à Reuters, le président du conseil italien, Mario Monti, indique que «nous devons concentrer nos mesures pour accroitre la croissance en Italie, même si l’effet de court terme de ces réformes structurelles sera nul ou négatif, cela fait vraiment évoluer les facteurs structurels vers la croissance».

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