L’Espagne réussit son premier test obligataire de l’année
Les taux de l’Espagne à 10 ans sont retombés hier sous le seuil des 5%, une première depuis le mois de mars 2012 après avoir levé sans difficulté 5,82 milliards d’euros à des rendements en baisse. Madrid espérait placer entre 4 et 5 milliards d’euros lors de cette première émission de l’année avec plusieurs tranches de dette à horizon 2015, 2018 et 2026. Le Trésor a adjugé 3,397 milliards d’euros de titres 2015 à un rendement moyen de 2,476%.
Cette tranche de dette la plus importante est éligible au programme OMT de la BCE. Madrid a aussi placé 1,95 milliard d’euros d’obligations pour les titres à maturité 2018 à un taux de 3,988% contre 4,680% auparavant. Sur la plus longue échéance à 2026, l’Espagne a collecté 470 millions d’euros d’obligations à un rendement moyen de 5,555% contre 6,191% en juillet.
L’opération a été fortement soutenue par les banques espagnoles qui ont été incitées par le Trésor à participer à l’opération, croit savoir un gérant. Mais dans un contexte de retour des grands fonds internationaux sur les dettes des périphériques de la zone euro, les étrangers ont aussi dû répondre présent, souligne un économiste. Renflouées par l’Etat espagnol, et délestées d’une bonne part de leurs créances douteuses qui ont été transférées à la «bad bank», la Sareb, les banques de la péninsule disposent à nouveau de fortes liquidités, soulignent les stratégistes de Société Générale.
Dans une note publiée avant le lancement de l’émission, ils estimaient qu’«avec un prix attractif et un sentiment pour le risque favorable, nous prévoyons une assez forte demande lors de l’émission. Bien que les actifs risqués aient enregistré des performances mitigées en ce début d’année, la quête de rendement devrait continuer de soutenir l’appétit pour le risque».
Au total, l’Espagne prévoit de lever 121,3 milliards de dette long terme sur les marchés en 2013 contre 113 milliards en 2012, ce qui en fait le seul pays de la zone euro à accroître son appel brut au marché cette année. Car le royaume va rapidement devoir faire face à d’importantes échéances avec deux tombées de 14 milliards en janvier et 15 milliards en avril, et continuer de soutenir ses régions en difficultés.
Face au succès de sa première émission, le gouvernement espagnol pourrait toutefois être tenté de repousser encore un peu son appel à l’aide de ses partenaires européens.
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