L’Espagne profite d’une croissance retrouvée pour sortir de l’austérité

Si Madrid prévoit une croissance de 1,3% et 2% en 2014 et 2015, l’Italie a, elle, revu ses prévisions à la baisse, à respectivement -0,3% et 0,6%.
Patrick Aussannaire

L’Espagne sort du tunnel. Dans le cadre de son programme budgétaire 2015, le gouvernement de Mariano Rajoy anticipe une accélération de la croissance à 1,3% cette année et à 2% en 2015. Si ce scénario est supérieur aux prévisions du consensus de 1,8%, il permettrait de ramener le déficit de 5,5% cette année à 4,2% en 2015 et 2,8% en 2016. L’effort serait réparti l’an prochain, puisque l’Etat central réduirait son déficit de 0,6 point à 2,9% du PIB, les régions autonomes de 0,3 point à 0,7%, et la sécurité sociale de 0,4 point à 0,6%. «Environ la moitié de la réduction du déficit proviendrait de l’amélioration du cycle et 0,5 à 0,6 point de l’effort structurel», précise Natixis.

Dans le même temps, l’Italie a réduit ses prévisions de croissance de 1,1 point à -0,3% cette année et de 0,7 point à 0,6% en 2015. De quoi relever ses projections de déficit de 0,4 point cette année à 3% du PIB et de 0,7 point à 2,9% en 2015, et ainsi reporter son objectif d’un retour à l’équilibre budgétaire structurel d’un an à 2017. Si le gouvernement de Matteo Renzi souhaite accélérer la réforme du marché du travail, il se heurte néanmoins à des obstacles politiques importants et a retardé son programme de privatisations.

De son côté, Madrid prévoit 9 milliards d’euros de baisses d’impôts sur 2015 et 2016. La baisse de l’impôt sur le revenu est de 12,5% mais de 23,5% pour les ménages gagnant moins de 24.000 euros par an. Une baisse des recettes fiscales de 0,3% largement compensée par la hausse prévue des recettes de TVA de 9,9% à 60,2 milliards d’euros. Parallèlement, le taux d’impôt sur les sociétés sera baissé de 30% actuellement à 28% en 2015 puis à 25% en 2016 tout en maintenant une hausse de la collecte de 5,6% en 2015. Les dépenses sociales devraient augmenter de 3,7% en 2015, et quelque 4,7 milliards d’euros seront débloqués pour soutenir l’emploi.

Le ratio de dette espagnole atteindra 101,5% du PIB en 2016. Les besoins de financement nets du Trésor sont réduits de 18 milliards par rapport aux dernières estimations, à 47 milliards d’euros en 2015, dans un contexte de fort resserrement des rendements. Depuis le début de l’année, le taux espagnol a été réduit à 2,95% en moyenne et à 2,10% hier sur la partie 10 ans, soit 160 pb et 290 points de base (pb) de moins que la moyenne de 2013 et 2012, et à 0,59% en moyenne et 0,32% hier sur la partie 2 ans, soit 129 et 275 pb de moins que la moyenne de 2013 et 2012.

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