L’Espagne profite d’une croissance retrouvée pour sortir de l’austérité
L’Espagne sort du tunnel. Dans le cadre de son programme budgétaire 2015, le gouvernement de Mariano Rajoy anticipe une accélération de la croissance à 1,3% cette année et à 2% en 2015. Si ce scénario est supérieur aux prévisions du consensus de 1,8%, il permettrait de ramener le déficit de 5,5% cette année à 4,2% en 2015 et 2,8% en 2016. L’effort serait réparti l’an prochain, puisque l’Etat central réduirait son déficit de 0,6 point à 2,9% du PIB, les régions autonomes de 0,3 point à 0,7%, et la sécurité sociale de 0,4 point à 0,6%. «Environ la moitié de la réduction du déficit proviendrait de l’amélioration du cycle et 0,5 à 0,6 point de l’effort structurel», précise Natixis.
Dans le même temps, l’Italie a réduit ses prévisions de croissance de 1,1 point à -0,3% cette année et de 0,7 point à 0,6% en 2015. De quoi relever ses projections de déficit de 0,4 point cette année à 3% du PIB et de 0,7 point à 2,9% en 2015, et ainsi reporter son objectif d’un retour à l’équilibre budgétaire structurel d’un an à 2017. Si le gouvernement de Matteo Renzi souhaite accélérer la réforme du marché du travail, il se heurte néanmoins à des obstacles politiques importants et a retardé son programme de privatisations.
De son côté, Madrid prévoit 9 milliards d’euros de baisses d’impôts sur 2015 et 2016. La baisse de l’impôt sur le revenu est de 12,5% mais de 23,5% pour les ménages gagnant moins de 24.000 euros par an. Une baisse des recettes fiscales de 0,3% largement compensée par la hausse prévue des recettes de TVA de 9,9% à 60,2 milliards d’euros. Parallèlement, le taux d’impôt sur les sociétés sera baissé de 30% actuellement à 28% en 2015 puis à 25% en 2016 tout en maintenant une hausse de la collecte de 5,6% en 2015. Les dépenses sociales devraient augmenter de 3,7% en 2015, et quelque 4,7 milliards d’euros seront débloqués pour soutenir l’emploi.
Le ratio de dette espagnole atteindra 101,5% du PIB en 2016. Les besoins de financement nets du Trésor sont réduits de 18 milliards par rapport aux dernières estimations, à 47 milliards d’euros en 2015, dans un contexte de fort resserrement des rendements. Depuis le début de l’année, le taux espagnol a été réduit à 2,95% en moyenne et à 2,10% hier sur la partie 10 ans, soit 160 pb et 290 points de base (pb) de moins que la moyenne de 2013 et 2012, et à 0,59% en moyenne et 0,32% hier sur la partie 2 ans, soit 129 et 275 pb de moins que la moyenne de 2013 et 2012.
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