L’Espagne plaide pour que la zone euro se dote d’une autorité budgétaire
Cette initiative serait de nature à rassurer les investisseurs, a justifié le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy
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Antoine Duroyon
A moins d’un mois d’un sommet européen très attendu, le gouvernement espagnol a milité ce week-end en faveur d’une intégration plus poussée au sein de la zone euro. «L’Union européenne a besoin de renforcer sa structure», a déclaré samedi le Premier ministre Mariano Rajoy. «Cela veut dire aller vers plus d’intégration, vers le transfert de plus de souveraineté, notamment dans le domaine budgétaire», a-t-il ajouté. Selon Madrid, cette nouvelle autorité «servirait de guide pour la politique budgétaire dans l’Union européenne. Elle viserait également à «harmoniser la politique fiscale des Etats membres et permettre un contrôle centralisé des finances». Chargée de «gérer la dette européenne», cette nouvelle institution «donnerait un coup de fouet essentiel pour la confiance dans la monnaie unique».
Ce n’est pas la première fois qu’un tel projet est évoqué. L’ancien président de la BCE, Jean-Claude Trichet, avait notamment défendu cette idée en juin dernier, lorsqu’il avait soutenu la mise en place d’un ministre européen des Finances disposant d’un pouvoir sur les budgets nationaux. Et on la retrouve également dans un «pland’ensemble» pour la zone euro concocté par les principales institutions européennes (BCE, Conseil européen, Commission européenne, Eurogroupe). Selon le Welt am Sonntag, il comprendrait, outre un renforcement du pouvoir des institutions européennes sur les budgets nationaux, la création d’un organe de supervision du secteur bancaire investi de nouveaux pouvoirs, une harmonisation des politiques fiscales, ainsi qu’une réforme des programmes d’aide sociale.
Ces propositions devraient être présentées lors du prochain sommet européen. Il ne fait guère de doute que cette feuille de route vers une «union budgétaire» est fermement portée par Berlin. Tout en plaidant pour des avancées significatives dans l’intégration de la zone euro, l’Allemagne presse l’Espagne d’accepter un renflouement international, selon Der Spiegel. Nouveau signe de crispation pour les investisseurs, le gouvernement espagnol a reporté vendredi l’adoption d’un nouveau plan destiné à permettre aux régions autonomes d’emprunter sur le marché. Et selon ABC, il a chargé KMPG, Deloitte, Ernst & Young et PwC de sonder les portefeuilles de prêts des établissements bancaires. Un examen qui pourrait réserver quelques surprises.
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