L’Espagne paie toujours les difficultés de son secteur bancaire
L’Espagne est revenue dans le viseur des marchés financiers, avec des taux à 10 ans désormais à 5,73%. En cause notamment : l’Espagne reste sous la menace d’un secteur bancaire qui n’en est qu’à l’aube de sa restructuration.
Les deux injections à 3 ans (LTRO) de la BCE ont dégagé l’horizon des banques, qui avaient de grosses tombées à refinancer en 2012 et 2013. Celles-ci en ont utilisé une partie pour racheter de la dette publique. Alberto Gallo, patron de la stratégie crédit Europe chez RBS, y voit une absence de vrai «deleveraging». «Les banques n’augmentent pas les dépôts, mais réduisent l’activité de prêt, explique-t-il. Pourtant, les bilans bancaires continuent à gonfler et représentent 340% du PIB. Pendant que les grandes banques ont vendu des actifs à l’étranger, les établissements locaux achètent de la dette domestique qu’elle peuvent détenir sans exigence en capital réglementaire».
La montée des créances douteuses inquiète aussi. En février, le gouvernement a annoncé de nouvelles normes pour accroître de 50 milliards d’euros d’ici à fin 2012 les provisions sur le stock d’immobilier – une mesure jugée positive par les économistes. «Mais l’affaiblissement de la croissance et la hausse du chômage augmentent les besoins de provisionnement des banques, estime Credit Suisse. Avec des prix immobiliers à 20% en-dessous de leur sommet, l’Espagne est en retard sur les économies qui ont aussi connu une bulle, comme l’Irlande où les prix ont chuté de plus de 50%».
Le Fonds de restructuration des banques (Frob), dont le capital a été porté de 9 à 15 milliards d’euros, pourrait alors devoir intervenir, au risque d’alourdir la dette espagnole. Jusqu’à présent, le pays a évité de créer des structures de défaisance publiques, cédant des banques en faillite grâce à un système de garantie d’actifs qui a été financé par le fonds de garantie des dépôts (FGD), c’est-à-dire les banques privées.
Pour montrer leur détermination à assainir le secteur, les pouvoirs publics devraient lancer jeudi la privatisation de CaixaCatalunya et Banco de Valencia. De plus, le ministre de l’Economie Luis de Guindos a indiqué hier qu’en plus des 27 milliards d’euros de réduction de la dépense publique inscrites dans le cadre du plan d’assainissement censé ramener le déficit de 8,5% à 5,3% du PIB cette année, le gouvernement prévoit de réaliser 10 milliards d'économies supplémentaires dans les secteurs de la santé et de l'éducation.
Plus d'articles du même thème
-
Le baril de Brent s’installe au-dessus de 90 dollars
Les cours du brut ont enregistré une troisième journée de hausse alors que Donald Trump n’a pas prolongé l’accord intermédiaire signé en juin avec l’Iran qui est passé à une posture militaire défensive. Les risques de pénurie refont surface malgré la recherche de routes alternatives au détroit d’Ormuz. -
Les cash-flows retrouvent leur éclat aux yeux des investisseurs
La saison des résultats du deuxième trimestre a été exceptionnelle, permettant au marché d’oublier un mois de juillet difficile. Mais certaines publications, pourtant favorables, ont été sanctionnées. Le marché semble attacher plus d’importance aux flux de trésorerie. -
L’Erafp alloue 1,6 milliard d'euros au capital-investissement et aux infrastructures
L’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique a annoncé l’attribution de neuf mandats de gestion d’actifs non cotés dans le cadre de sa stratégie de diversification à long terme. -
Bigben Interactive et Atari restructurent leurs dettes
Plus en difficulté, Bigben vient d’entrer en sauvegarde accélérée. Le PDG d’Atari détiendra indirectement près de 43% du capital de la société après les opérations de refinancement. -
De nouvelles cyberattaques ont ciblé les fichiers cadastraux et les successions vacantes
Touchée par deux nouvelles attaques, la Direction des Finances publiques confirme la compromission de 1,8 million de dossiers cadastraux, tout en minimisant la sensibilité des données dérobées. -
Tether montre patte blanche en se soumettant à un premier audit auprès de KPMG
Le cabinet de conseil a émis une opinion favorable aux états financiers de Tether pour l'année 2025. Alors que l'heure est à la régulation dans la cryptosphère, l'émetteur de stablecoins non régulés espère que cette annonce rassurera les investisseurs.
ETF à la Une
Les ETF européens pulvérisent deux records en juillet
- Le fonds souverain norvégien carbure à l'IA
- Morgan Stanley voit grand pour financer la nouvelle économie américaine
- Allfunds, Schroders et Russell Investments, la vie après le rachat
- Amundi et Banco Sabadell prolongent leur partenariat jusqu’en 2035
- Le marché des grands vins s’est stabilisé au premier semestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
DépendanceEn pleine montée des tensions, le sort du Liban suspendu à deux négociations parallèles
Le pays du Cèdre dépend de la pression que veulent bien mettre Washington et Téhéran sur leurs alliés respectifs : Israël et le Hezbollah -
A Taiwan, le gouvernement va verser un « dividende de l’IA » aux citoyens
Le président de Taïwan, Lai Ching-te a annoncé le versement de 270 euros par personne au titre des résultats exceptionnels de l’Intelligence artificielle -
ImpasseBudget 2027 : ce déficit que les gouvernements ne savent plus réduire
A cause de dépenses publiques en roue libre, la diminution du déficit apparaît de plus en plus compromise. Et la campagne présidentielle, propice aux promesses coûteuses, risque encore de repousser le nécessaire redressement. Les comptes publics menacent de devenir incontrôlables.