L’Espagne et le Portugal sont au coeur des inquiétudes européennes

Moody’s a annoncé hier avoir dégradé la note de cinq banques portugaises. La baisse des prix de l’immobilier espagnol met les banques sous pression
Patrick Aussannaire

L’Espagne et le Portugal restent sources d’inquiétudes. Pour preuve, Moody’s a annoncé hier avoir dégradé la note de cinq banques portugaises, avec une perspective négative sur sept établissements. Le Portugal est censé revenir à l’automne 2013 sur les marchés pour trouver 9,3 milliards d’euros en obligations et 13 milliards en billets de trésorerie (T bills), avec des taux 10 ans à plus de 11%, contre 13,5% au début de l’année. Les récentes données de la BCE montrent néanmoins que les institutions financières sont en train d’intégrer le Portugal dans leurs achats avec 4 milliards de titres souverains achetés en janvier. La mise en place des T bills à 18 mois constitue un espoir pour «démontrer la capacité du pays à pré financer ses besoins de 2013» estime Natixis. Le 12 mois est sorti à 5%, alors que les investisseurs ont la possibilité de le refinancer à 1% auprès de la BCE pour les 3 prochaines années.

En Espagne, les prix de l’immobilier ont baissé de 3,4% au premier trimestre «du fait de la difficulté d’obtenir des financements hypothécaires», selon les chiffres publiés hier par Idealista.com. Les prêts hypothécaires ont encaissé leur 21e mois consécutif de baisse en janvier, à 41,3% sur un an. Depuis 2007, les prix ont chuté de 29,6% à Barcelone, de 21% à Madrid et de 30% à Valence. «Les banques espagnoles ne sont pas capables d’absorber ces pertes sur l’immobilier. Si elles sont jugées «too big to fail», ces pertes pourraient alors être transférées vers le secteur public, qui aurait de sévères difficultés à les encaisser» estime Citigroup.

Les 50 milliards d’euros réclamés par le nouveau gouvernement pour renforcer les bilans des banques du pays pourraient ne pas suffire. Si Bruxelles dément toute demande d’aide européenne pour refinancer le secteur, les marchés obligataires mettent la pression sur le gouvernement, à la veille de la présentation d’un budget «très sévère» qui suscite une grève générale. Les taux à 10 ans espagnols ont gagné un quart de point en un mois, à 5,33%. «On est au point de rupture» estime BlueBay Asset Management.

Pour parvenir à ses fins, le gouvernement devra réaliser 64 milliards d’euros d'économies, estime le cercle de réflexion espagnol Fedea. Et de conclure que «franchement c’est impossible». D’ailleurs, les gouvernements européens seraient proches d’un accord pour augmenter le plafond du fonds de soutien européen à 940 milliards d’euros, selon Bloomberg qui cite un document officiel.

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