L’Espagne est prise dans l’engrenage de la rigueur
Des «mesures extraordinaires et imprévues» seront prises face à une «situation extraordinaire et imprévue». C’est par ces mots que la porte-parole du gouvernement espagnol, Soroayo Saenz de Santa Maria, a annoncé le nouveau plan d’austérité adopté le 30 décembre en conseil des Ministres.
Ces mesures extraordinaires font suite à la révélation d’un déficit plus élevé que prévu. Il attendrait fin 2011 environ 8% au lieu des 6% visés par le gouvernement socialiste sortant, alors que l'économie s’est contractée au troisième trimestre. Il faudra que les Espagnols se serrent encore plus la ceinture pour atteindre l’objectif de déficit public de 4,4% visé pour 2012.
Mariano Rajoy, le chef du nouvel exécutif avait déjà annoncé des économies de 16,5 milliards d’euros en 2012. Le nouveau plan de rigueur prévoit pour le moment d’économiser 8,9 milliards d’euros de plus dans l’administration publique en réduisant à zéro le remplacement des départs, sauf dans les hôpitaux, l’éducation et les forces de sécurité de l’Etat. Les salaires des fonctionnaires, déjà objet d’une réduction de 5% lors du dernier plan de rigueur adopté sous les socialistes, seront gelés ainsi que le salaire minimum interprofessionnel (SMI), situé à 641,40 euros par mois.
La nouvelle équipe gouvernementale a également annoncé des hausses temporaires des impôts pour faire rentrer plus de 6,2 milliards d’euros dans les caisses, tout en précisant que cette mesure sera temporaire et limitée à une période de deux ans. La hausse touche tous les revenus, jusqu'à 7 points de plus pour les revenus supérieurs à 300.000 euros par an. La taxe foncière augmente aussi.
Mais pour Rafael Pampillon, directeur d’analyses économiques à l’IE Business School, à ce plan de rigueur médiatique devraient suivre des mesures plus impopulaires à partir du mois de mars prochain: au lendemain des élections en Andalousie, où le Parti Populaire espère être victorieux, et lors de l’approbation du prochain budget général de l’Etat. L’économiste estime que les mesures adoptées par le gouvernement devraient être bien accueillies par «l’Espagnol moyen qui pense que les réductions dans les administrations sont une bonne chose», souligne-t-il. En effet, le gouvernement Rajoy a tenu sa promesse électorale en revalorisant les retraites au niveau de l’inflation (+1%) et a prolongé l’aide de 400 euros destinée aux chômeurs en fin de droit.
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