L’Espagne est incitée à activer les fonds de soutien européens
Croyez-moi, ce sera suffisant». Mario Draghi, le président de la BCE, a tenu hier sa promesse de fin juillet en dévoilant un programme de rachats d’obligations au maximum de ses possibilités compte tenu de l’opposition de la Bundesbank. La balle revient donc dans le camp des politiques, et notamment de l’Espagne, incitée à appeler ses partenaires européens à la rescousse. «Remettre toujours à plus tard une demande d’aide financière pourrait être très coûteux, et pas seulement pour l’Espagne», rappelle Eric Chaney, le chef économiste d’Axa.
Le programme de rachat de la BCE, baptisé OMT (outright monetary transactions), ne pourra être déclenché que si un Etat en appelle au préalable à un soutien de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF) ou du Mécanisme européen de stabilité (MES), soutien assorti de conditions strictes. «Le problème à présent sera de savoir comment amener l’Espagne (mais pas l’Italie?) sous un programme d’aide du FESF», souligne Nicolas Doisy, chez CA Cheuvreux.
Hier, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qui recevait la chancelière allemande Angela Merkel à Madrid, s’est refusé à aborder la question du sauvetage ou des conditions qui y seront attachées. «Quand j’aurai du nouveau, je vous le dirai», s’est-il borné à indiquer, tandis qu’Angela Merkel bottait elle aussi en touche. L’Espagne peut être tentée de temporiser: son taux à 10 ans est repassé sous les 6% hier (-37 pb) et le rendement à 2 ans est revenu à 2,78%. Le Trésor en a profité pour adjuger jeudi 3,5 milliards d’euros de dette à des rendements en nette baisse.
L’OMT offre cependant à Madrid une voie moins infâmante qu’un sauvetage complet par les pare-feux européens. Deux cas de figure sont prévus pour activer le plan: soit l’Etat aidé est sous programme d’aide complet de la part du FESF ou du MES, soit il fait appel à une ligne de crédit de précaution baptisée ECCL. Cette dernière a été instituée lors du sommet européen de juillet 2011, en étant calquée sur le modèle des lignes de précaution (PCL) du Fonds monétaire international. D’une durée d’un an renouvelable tous les six mois, cette aide peut représenter 2% à 10% du PIB du pays concerné, sous forme de prêt ou d’achat de dette sur le marché primaire. Elle est assortie de conditions, mais moins drastiques que celle d’un programme complet.
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