L’Espagne est condamnée à demander le soutien des fonds d’urgence

Mariano Rajoy, le chef du gouvernement, étudiera cette option. Une intervention du FESF et de la BCE pourrait se concrétiser en septembre
Alexandre Garabedian

«Je ferai ce qui est dans l’intérêt des Espagnols. Je n’ai pas pris de décision.» C’est en ces termes que Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, a commenté vendredi la décision de la BCE subordonnant une intervention sur les marchés à une demande d’aide des Etats aux fonds d’urgence européens. Des commentaires plus mesurés que les refus catégoriques opposés jusqu’à présent par Madrid à l’idée d’une aide. «Ce n’est pas la même chose si la BCE achète des bons du Trésor à 6 mois ou des obligations à 3 ans ou 5 ans», a ajouté Mariano Rajoy, qui veut se laisser le temps d’étudier ces mesures.

Pour Ricardo Santos, économiste chez BNP Paribas, ce changement de ton «montre que le gouvernement espagnol n’est plus très loin de demander un soutien» au Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou au Mécanisme européen de stabilité (MES) dans les prochains jours ou semaines. Soit Madrid anticipe le mouvement, soit le pays devra en passer par un nouvel accès de stress obligataire. «Nous ne nous attendons pas à ce que les pays périphériques demandent au FESF ou au MES de racheter leur dette tant qu’ils n’y seront pas contraints par les marchés», indiquait Laurence Boone, économiste de BoA Merrill, avant ces déclarations.

En théorie, l’Espagne peut laisser filer le mois d’août. Après avoir adjugé 3,1 milliards d’euros de dette le 2 août sur des échéances 2014 à 2022, le Trésor espagnol ne prévoit pas de revenir sur les marchés avant le 6 septembre. Le pays a réalisé les trois quarts de son programme sur la partie 2-5 ans de la courbe, et doit encore lever 53 milliards d’euros d’ici à fin 2012 selon les estimations de RBS, supérieures au programme officiel.

La BCE a fait le même pari, risqué vu la correction de jeudi, mais gagnant vendredi. Elle semble plutôt miser sur une intervention au plus tôt mi-septembre, une fois que la Cour constitutionnelle allemande aura tranché le 12 septembre sur la réforme du MES. Les délais administratifs rendent aussi «peu probable qu’une intervention se produise avant septembre», souligne Gilles Moëc, économiste de Deutsche Bank. Une demande d’aide de l’Espagne au FESF nécessitera en effet la rédaction d’un memorandum qui fixe les conditions de cette intervention, ainsi qu’une approbation par certains parlements, notamment le Bundestag allemand.

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