L’Espagne doit réagir pour ne pas perdre la confiance des marchés

Avec une contraction du PIB attendue à 1,5% cette année, le gouvernement chercherait à relancer les privatisations et éviter un nouveau plan de rigueur
Patrick Aussannaire

Se dirige-t-on vers une revalorisation du risque espagnol ? Depuis l’accession au pouvoir du nouveau gouvernement dirigé par Mariano Rajoy, les mauvaises nouvelles se multiplient. Après avoir annoncé que l’objectif de déficit budgétaire de 6% du PIB en 2011 ne sera pas respecté et devrait atteindre 8% en raison principalement du dérapage budgétaire des régions autonomes, l’économie s’enfonce dans la récession. Selon des propos rapportés par El Pais, le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, indique que «le gouvernement estime que la contraction sera de l’ordre de 1,5% (en 2012, ndlr), comme l’a dit la banque centrale ».

Une estimation qui devrait entrainer une révision des objectifs budgétaires. Pour 2012, l’objectif de déficit est actuellement de 4,4% mais il avait été élaboré sur une prévision de croissance de 2,3% du PIB cette année. Avec un objectif de déficit de 4,4% du PIB en 2012, le nouveau gouvernement devra réduire le déséquilibre budgétaire d’environ 38 milliards d’euros cette année, soit 3,6 points de PIB. Or, le montant des mesures annoncées par le gouvernement s’élève à 15,2 milliards dont 8,9 milliards de baisses des dépenses et 6,3 milliards de hausses d’impôts. Sous le scénario d’une contraction du PIB de 0,4% en glissement annuel, Natixis prévoit «un déficit public de 6,4% du PIB en 2012 et de 5,3% en 2013 contre 5.2% et 3,7% précédemment».

Dans ce contexte, le gouvernement devra trouver les moyens de réduire le déficit de 23 milliards supplémentaires. Pour ne pas prendre le risque qu’un nouvel élan de rigueur ne vienne enfoncer l’économie dans une récession encore plus grave, le gouvernement miserait sur les privatisations pour dégager des recettes. Selon le Financial Times, le gouvernement régional de Madrid envisagerait de céder une part majoritaire dans Canal Isabel II, la compagnie des eaux locales valorisée entre 3 et 3,5 milliards d’euros, pour réduire sa dette de 8,89 milliards. Le métro madrilène, d’une valeur de 2 milliards, pourrait également être mis sur le marché. Plus largement, les privatisations de la loterie nationale et des aéroports de Madrid et Barcelone seraient réactivées.

Pour le moment, les marchés restent plutôt confiants sur le risque espagnol. Le rendement des obligations d’Etat à 10 ans cotent à 4,93%, soit un spread avec le Bund allemand de 309 bp. Un écart avec l’Allemagne plus faible de 69 pb par rapport à celui avec l’obligation italienne correspondante.

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