L’Espagne arrive à la moitié de son programme d'émission au prix fort

L’adjudication à 10 ans a offert un rendement de 5,74%, un niveau élevé qui a assuré une demande solide
Violaine Le Gall

Très attendues dans un climat toujours difficile, les adjudications espagnoles d’hier ont rencontré une solide demande de la part des investisseurs. Le Trésor a placé 2,5 milliards d’euros d’emprunts d’Etat, un montant en haut de la fourchette indicative. Le ratio de couverture sur l'émission à échéance 2014 est ressorti à 3,3 contre 2 lors de la précédente adjudication comparable. Sur la ligne à 10 ans, il est ressorti à 2,4 contre 2,2 précédemment. «L’adjudication s’est bien passée et témoigne du fait que la demande pour la dette espagnole reste importante, mais de plus en plus sensible au prix», commente Peter Chatwell, stratégiste taux chez Crédit Agricole CIB.

En effet, l’Espagne a dû offrir des rendements élevés, en particulier sur l'émission la plus longue. Le rendement sur la ligne à 10 ans s’affiche à 5,74%, 30 points de base (pb) au-dessus de celui offert en janvier dernier sur la même maturité. Seules deux adjudications ont déjà été bouclées à des niveaux plus élevés. En novembre dernier, le Trésor avait dû offrir une rémunération de 6,97% et, en juillet dernier, un taux de 5,89%.

L’Espagne souffre en effet sur le marché obligataire des craintes sur l'évolution de ses finances publiques et sur la situation de son secteur bancaire, dont les créances douteuses sont au plus haut niveau depuis 1994. Le 16 avril dernier, le rendement à 10 ans est repassé momentanément au-dessus du seuil de 6%, qui n’avait plus été franchi depuis fin novembre 2011. Parallèlement, l’effet positif de la deuxième injection de liquidités à trois ans de la BCE fin février commence à s’effacer. Le 10 ans espagnol s’est tendu hier de 10 pb à 5,86%.

Le Trésor peut toutefois souffler un peu. Après les adjudications d’hier, il a réalisé la moitié de son programme d'émission pour 2012. L’Italie, également attaquée sur les marchés, n’a réalisé qu’un peu plus de 30% du sien. Pour limiter le coût des émissions et pour profiter indirectement des liquidités apportées dans le système bancaire par la BCE, le Trésor espagnol a misé cette année sur les maturités courtes.

Ainsi, les émissions dans la fourchette de 1 à 3 ans ont représenté 39% des émissions au premier trimestre, contre 19% sur la même période l’an dernier. Parallèlement, les emprunts très longs, supérieurs à 10 ans, ont complètement disparu. La prochaine adjudication du 3 mai portera d’ailleurs sur des titres à 3 et 5 ans.

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