L’Esma complète ses règles sur la compensation des produits dérivés
L’agence européenne de régulation des marchés financiers (Esma) vient de donner de nouvelles précisions sur la façon dont seront compensés les produits dérivés échangés de gré à gré (OTC).«C’est un premier train de mesures qui vient préciser de nombreuses dispositions du règlement Emir. Pour autant, elles devront être complétées par d’autres normes techniques», souligne Gilles-Antoine Frot, avocat chez Allen & Overy.
Les acteurs du marché ne connaissent pas la liste des dérivés qui seront obligatoirement compensés. Ce sera aux chambres de compensation de faire valider par les autorités européennes les produits qu’elles traiteront. Les autorités pourront aussi demander à ce que des dérivés passent par les chambres. Par ailleurs, les régulateurs doivent préciser des dispositions qui s’appliqueront aux dérivés noncompensés et le sort qui sera réservé à une partie des transactions réalisées avec des contreparties situées en dehors de l’Union européenne.
Les règles publiées hier précisent les mesures applicables aux contreparties non financières. Au contraire des contreparties financières, elles seront exemptées de l’obligation de compensation, sauf si les volumes de leurs transactions atteignent certains seuils (de 1 à 3 milliards d’euros). «L’Esma a globalement conservé les seuils et leur mode de calcul pour les différentes catégories de produits dérivés, en privilégiant une approche qui se veut la plus simple possible», estime Gilles-Antoine Frot.
Les nouveaux standards détaillent les règles imposées aux chambres de compensation pour calculer leurs appels de marges. Le régulateur a abaissé (de 50% à 25%) la part des exigences en capital que les chambres devront utiliser pour faire face au défaut d’un participant sans avoir recours à l’aide des autres membres de la chambre (skin in the game). L’Esma détaille aussi les mesures de réduction des risques qui s’appliqueront aux contreparties de dérivés OTC non compensés, «l’Esma confirme qu’il y a aura une phase de transition, ce qui est de nature à rassurer un peu les opérateurs», estime Gilles-Antoine Frot.
Enfin, l’autorité «avait proposé qu’il soit obligatoire pour chaque membre des chambres d’accepter que leurs propres clients fassent de la compensation indirecte. Cette obligation est supprimée, c’est important pour ces membres», souligne Dana Anagnostou, chez Kramer Levin.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE se résout à relever ses taux
La banque centrale a augmenté ses taux directeurs de 25 points de base, comme attendu. Une hausse présentée par Christine Lagarde comme un signal et non comme une hausse préventive. Elle ne donne pas d’indication sur ses prochains mouvements. Le marché en attend deux autres cette année. -
Les projections économiques de la BCE sont revues à la baisse
Le nouveau scénario économique du personnel de la BCE approche de la stagflation. Malgré tout, ces projections sont encore jugées trop optimistes. -
Les dépassements d’honoraires mettent le financement de la santé sous tension
La dynamique des dépassements d’honoraires en santé n’est plus soutenable. C’est le constat sans appel du rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie publié le 9 juin. Ce dernier propose trois scénarios pour les réguler, avec des implications différentes pour les complémentaires santé. -
Les marchés péruviens confiants avant le résultat de l’élection présidentielle
Les deux candidats Keiko Fujimori et Jorge Sanchez sont arrivés au coude-à-coude. Le résultat définitif ne devrait pas être connu avant fin juin. Les investisseurs ont déjà voté pour les politiques favorables aux marchés de la candidate conservatrice. -
La blockchain n'a pas attendu Wall Street pour faire débuter l'introduction en Bourse de SpaceX
Les investisseurs adeptes des paris sur les marchés de prédiction ont eu accès dès le début de cette semaine à des jetons, représentant fictivement la future action SpaceX. Ces jetons ne leur donnent toutefois aucun accès à la propriété sur les titres réels. -
Maurel & Prom et Mersen retrouvent le SBF 120
Si le conseil scientifique des indices ne touche pas au CAC 40 pour sa revue trimestrielle, il renouvelle le SBF 120 avec les deux entrées de Maurel & Prom et Mersen qui en chassent Elior et Nexity.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Jouer avec le feuEntre les Etats-Unis et l’Iran, le jeu dangereux de la confrontation sans escalade
Pour chacune des deux parties, l'objectif est de ne pas perdre la face. Et de garder intacts les leviers de négociation toujours en cours -
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros -
Fleurance, FranceLyhanna, les coulisses d’un séisme politique
Pendant dix jours, la France a vécu au rythme des révélations sur la mort de la fillette de 11 ans, abasourdie par les ratés de l’enquête. Retour sur ce fait divers devenu une affaire d’Etat