Les volatilités longues et courtes sur les taux font le grand écart
Le ratio des volatilités implicites Schatz/Bund est proche d’un plus bas depuis sept ans. Contrairement aux configurations classiques, la volatilité (pondérée par la sensibilité) des rendements longs est supérieure à celle observable sur les taux courts.
La perspective de la poursuite de politiques monétaires accommodantes aux Etats-Unis et en Europe explique ce phénomène. Les anticipations de variations des taux directeurs, dans ces deux zones, sont aujourd’hui faibles alors qu’elles représentent le déterminant principal de la formation des taux à court terme. A l’inverse, les incertitudes concernant les déficits budgétaires ainsi que les tensions sur les dettes souveraines européennes contribuent à maintenir une volatilité longue élevée proche de 7% pour le Bund sur l’échéance décembre. Le retour de corrélations négatives entre les dettes des pays notés AAA de la zone euro et l’Irlande ou la Grèce amplifie la volatilité intra-day sur le Bund qui sert de valeur refuge à la moindre mauvaise nouvelle.
La divergence d’évolution se traduit également par la poursuite du mouvement d’aplatissement (bull flattening) débuté en juillet. L’écart de taux entre le 2 ans et le 10 ans allemand est passé de 205 à 146 pb sur les 3 derniers mois. Une variation liée à la baisse du rendement à 10 ans avec lequel la pente est corrélée positivement à 90%.
Certains opérateurs estiment que ce contexte présente de réelles opportunités. Ainsi les ventes de calls ou calls spreads ont été majoritaires ces derniers jours. Des intervenants plus audacieux n’ont pas hésité à jouer contre la tendance en pariant sur un arrêt momentané de l’aplatissement et sur une correction du différentiel de volatilité en faveur de la partie courte de la courbe.
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