Les Vingt-Sept réfléchissent à différentes options pour soutenir Dublin
Avez-vous déjà vu des gens à qui on donne de l’argent sans qu’ils l’aient demandé?», blaguait hier un diplomate en réponse aux spéculations sur le déblocage de fonds européens au bénéfice de l’Irlande. Paris, comme Berlin, ont démenti qu’ils poussaient Dublin à demander de l’aide. La Commission a répété lundi qu’elle n’avait «reçu aucune demande» du gouvernement irlandais, dont le Premier ministre dément aussi toute négociation en cours. La situation irlandaise ne figure pas officiellement sur l’agenda des ministres des Finances européens qui se réunissent ce soir et demain à Bruxelles mais elle sera au centre de la réunion de l’Eurogroupe dès ce soir.
Le vice-président de la BCE Vitor Constancio a toutefois laissé entendre hier que la facilité de stabilisation de l’euro – EFSF, une ligne de garantie de 440 milliards d’euros – pourrait être actionnée au bénéfice des banques irlandaises. «Les problèmes du secteur bancaire irlandais... ne sont pas seulement des problèmes de liquidité mais aussi dans certains cas des problèmes de fonds propres pour absorber les pertes et, pour ça, la Facilité européenne serait adéquate», a-t-il déclaré en marge d’une conférence à Vienne, selon Reuters. Les fonds garantis transiteraient par le budget national pour être ensuite utilisés à des fins de recapitalisation.
Plusieurs options seraient à l'étude. L’une d’elle consisterait à mobiliser d’abord la ligne de 60 milliards de garantie gérée par la Commission sur le budget de l’Union européenne. Une autre, évoquée par le vice-président de la BCE, consisterait à aller directement vers l’EFSF, installé à Luxembourg peu avant l'été et piloté sur le mode de l’unanimité par les seuls gouvernements de la zone euro. Les décisions créant le mécanisme de stabilisation de l’euro ne disent rien sur l’ordre dans lequel ces deux leviers, auxquels s’ajoutent les 250 milliards supplémentaires venant du FMI, peuvent être actionnés. Les conditions de déclenchement de l’aide sont également volontairement floues. «Il y a des marges d’interprétation», expliquait hier une source diplomatique, ajoutant qu’une certaine «incertitude» était bénéfique en ce qu’elle entravait l’action des spéculateurs.
Une chose est certaine : la demande explicite de Dublin, condition nécessaire au déclenchement de l’aide, ne peut intervenir avant qu’une solution ait été trouvée. Car toute incertitude sur la réponse qui lui sera apportée affolerait les marchés.
Plus d'articles du même thème
-
Intel prévoit une augmentation de capital de 15 milliards de dollars
Avec un cours multiplié par cinq depuis son plus bas de l’été dernier, Intel capitalise sur l’engouement pour l’IA. Il en profite pour conforter son bilan avec la vente de nouveaux titres. Une première depuis sa cotation en 1971. -
Les perspectives des banques françaises s'assombrissent
Les résultats financiers des banques françaises ont été très solides au premier semestre. Pour autant, il n’y a pas de quoi pavoiser selon Fitch Ratings qui maintient une perspective négative sur le secteur pour 2026. En cause : plusieurs facteurs de risques auxquels le Crédit Mutuel Alliance Fédérale apparaît plus exposé que les autres. -
Les agents immobiliers doivent repenser la prospection avec les nouvelles règles du démarchage
A compter du 11 août, les agents immobiliers ne pourront plus appeler librement les particuliers ayant mis leur bien en vente sur les sites d’annonces. Une interdiction qui pourrait transformer en profondeur les méthodes de prospection d’un secteur habitué au démarchage à froid. -
Robeco privilégie les trajectoires aux historiques d’émissions
L'équation entre le temps court des marchés et le temps long de la transition reste un défi. Le gestionnaire d'actifs néerlandais lance une nouvelle génération d’indices conçue pour identifier les entreprises les mieux préparées aux défis climatiques de demain. -
VanEck s’apprête à lancer un ETF Ucits axé sur l’agroalimentaire
Le gestionnaire d’actifs américain va répliquer son véhicule déjà présent à la Bourse de New York. -
Revolut se soumet au superviseur français pour crédibiliser son modèle
L'agrément de plein exercice obtenu auprès de l'ACPR et de la BCE donne à la néobanque un gage de sérieux auprès des clients comme des investisseurs. Elle doit également lui permettre de libérer un potentiel de croissance important.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
- De prince déchu de l’IA à lanceur d’alerte malgré lui
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- AllianzGI accélère son expansion en Asie avec l'acquisition d'UOB Asset Management
- Oddo BHF met la main sur la plateforme de services aux fonds Ifsam
- Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
Contenu de nos partenaires
-
En apnéePrix des médicaments : l’Europe retient son souffle face à Trump
Le président américain ne décolère pas contre les différentiels de prix des produits pharmaceutiques entre les Etats-Unis et l’Europe, faisant planer la menace d'un affrontement -
En France, un financement des médicaments innovants au bord de l'implosion
L’Assurance maladie ne cesse d’alerter sur l’explosion des dépenses pour les médicaments innovants. Avec les pressions américaines sur les prix, les laboratoires trouvent un argument supplémentaire -
Les réseaux électriques européens à l'épreuve de l'éclipse solaire
Alors que l'énergie solaire représente entre 20 % et 25 % de la production d'électricité de l'UE pendant l'été, les gestionnaires de réseau européens se préparent depuis des mois à cette baisse éphémère de la production