Les valeurs financières européennes plombées par la crise de la dette souveraine
De Milan à Paris, en passant par New York, un vent d’inquiétude souffle sur les places financières. Les investisseurs continuent de faire preuve d’une défiance généralisée à l'égard de l'économie italienne, alors que les ministres des Finances de la zone euro ont évoqué hier soir à Bruxelles la crise de la dette souveraine.
Dans ce mouvement de «flight to quality», les valeurs financières européennes ont pris le plus de coups. L’indice Stoxx des valeurs bancaires a fondu de 3% et celui des assurances s’est contracté de 3,8%, soit la plus forte baisse sectorielle en Europe.
Le secteur financier a connu un lundi noir sur Nyse Euronext. Crédit Agricole a plongé de 7,6% à 8,75 euros, BNP Paribas a reculé de 6,75% à 46,45 euros et Société Générale a accusé un repli de 5,70% à 36,33 euros.
Tendance similaire outre-Rhin. Commerzbank, l'établissement allemand le plus exposé au risque grec, a chuté de 8,64% à 2,71 euros, tandis que Deutsche Bank s’est repliée de 3,40% à 38,49 euros. Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne, a estimé hier lors d’une conférence que «la corrélation entre la dette souveraine et les credit default swap (CDS) des banques est explosive».
Au-delà des valeurs bancaires, les compagnies d’assurance européennes n’ont pas été épargnées. Axa affiche une baisse de 6,59% à 14,24 euros, Allianz s’inscrit en recul de 4,11% à 91,56 euros et Generali de 4,62% à 13,02 euros.
«Le secteur de l’assurance avait beaucoup mieux tenu que les banques. Mais l’Italie c’est autre chose que la Grèce et le Portugal. On a changé de dimension», a expliqué Thomas Jacquet, analyste chez Exane BNP Paribas, cité par Reuters. «Les obligations italiennes représentent 4,5% du total des placements des assureurs européens, alors que la proportion est de 0,5% pour la Grèce et 0,4% pour le Portugal», a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis, où l’incertitude entourant le relèvement du plafond d’endettement pèse également sur le moral des investisseurs, n’ont pas été en reste. Le Dow Jones a clôturé en territoire négatif (-1,20%), de même que le Nasdaq (-2%) et le S&P 500 (-1,81%). La volatilité a régné en maître, comme le montre la hausse de 15,42% de l’indice CBOE Volatility Index (VIX).
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