Les tranches retenues pèsent plus de la moitié des encours de titrisations
Relativement imperméable aux déboires des pays périphériques et à la catastrophe japonaise, le marché primaire de la titrisation en Europe, après une fin 2010 plutôt encourageante, a réussi à poursuivre son lent redressement. Selon le rapport trimestriel de l’AFME (Association for Financial Markets in Europe), 114,4 milliards d’euros de produits titrisés ont été émis au premier trimestre 2011. Une baisse de 30% par rapport au dernier trimestre 2010 (163,6 milliards), mais une hausse de 135% sur un an. Ce montant se rapproche des records de 123 et 128 milliards enregistrés en 2007 et 2009 sur la même période.
Surtout, les transactions placées auprès des investisseurs ont grimpé de 21,8%, à 25 milliards, contre 21 milliards lors du dernier trimestre 2010. Les titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) néerlandais et britanniques ont représenté respectivement 22% et 17% des émissions. A lui tout seul, le fonds d’amortissement du déficit du secteur de l’électricité espagnol, le FADE, a placé 16% du volume total. La part des titrisations (ABS) adossées aux crédits automobiles allemands s’établit à 10%, contre 8% pour les ABS de cartes de crédits britanniques et 7% pour les WBS britanniques, ces fameuses titrisations d’activité (whole business) très spécifiques au marché d’outre-Manche. Près de 20% viennent d’émissions diverses.
Il reste que près de 89 des 114,4 milliards émis ont été retenus au bilan des originateurs - soit 78% du total - portant ainsi à 1.100 milliards environ le montant de l’encours des tranches retenues. Ces dernières représentent 51,7% de l’encours total des transactions de titrisations, qui atteignait 2.076 milliards d’euros à fin mars 2011.
Le rapport de l’AFME est publié alors que le lobby co-organise avec l’ESF et l’IMN, deux autres associations, la conférence Global ABS réunissant toute l’industrie de la titrisation à Bruxelles les 14 et 15 juin. La réglementation sera au cœur des débats. De fait, la règle dissuasive de rétention d’au moins 5% des émissions par les originateurs joue pour beaucoup dans la lenteur du redressement de l’industrie. D’autant plus que les sanctions sont sévères. Applicable depuis le début de l’année, l’article 122a de la directive CRD II contient, rappelle Barclays, une exigence de rétention du risque et des exigences de capital punitives en cas de non-respect de la règle des 5%.
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