Les titrisations risquent d'être fortement pénalisées par Solvabilité 2
Les acteurs du marché de la titrisation en Europe se préoccupent des règles qui vont être appliquées aux assureurs. De la même manière qu’ils redoutent les contraintes prudentielles de Bâle III qui vont s’imposer aux banques (via la directive CRD 4), ils estiment que Solvabilité 2 défavorisera les titrisations.
Pour rappel, la directive Solvabilité 2 a été adoptée en 2009 et ses mesures d’application sont en cours de définition. Le nouveau cadre prudentiel sera vraiment opérationnel à partir du 1er janvier 2014. «Les nouvelles contraintes en capital suggèrent qu’il sera beaucoup plus coûteux en fonds propres pour les compagnies d’assurance de détenir des ABS», écrit dans une note Krishna Prasad, analyste titrisation chez RBS. A ses yeux, les exigences en capital «semblent basées sur l’idée fausse que tous les ABS vont se comporter comme les titres subprime américains».
Par année de duration, la charge en capital pour les ABS notés AAA est de 7%. A titre de comparaison, les covered bonds ont par année de duration une charge en capital de 0,70% La pénalité augmente très fortement en fonction de la notation de l’actif considéré. Ainsi, les ABS notés BB ont une charge en capital de 82% et ceux notés B de 100%. Pourtant, «la volatilité des titrisations européennes pendant la crise récente a été moindre que la volatilité de certaines obligations sécurisées, obligations d’entreprises et titres souverains qui ont une pondération beaucoup plus faible», fait valoir Ian Bell du lobby financier, AFME.
Selon celui-ci, entre 20 et 30% des titrisations sont achetées par des assureurs. Certains arguent que les assurances pourront recourir à des modèles internes plus favorables aux titrisations. Mais «l’engouement des compagnies d’assurance pour les modèles internes est en train de s’amoindrir très vite car c’est très compliqué et beaucoup de compagnies craignent que si elles présentent des exigences en capital différentes de la formule standard, le régulateur ne les approuvera pas», nuance Ian Bell.
L’AFME n’a pas baissé les bras. A défaut de changer la grille de pondération dans Solvabilité 2, «on aimerait que le trilogue reconnaisse que la pondération des ABS ne reflète pas vraiment les risques et renvoie cette question à une étude technique plus poussée réalisée par Eiopa [le régulateur européen des assurances]», explique le lobbyiste.
{"title":"","image":"78146»,"legend":"titrisation»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets. -
L’économie française subit un coup de mou au premier trimestre
Le PIB s’est légèrement contracté alors que l’inflation continue d’augmenter et que le chômage remonte. Les premiers effets de la crise au Moyen-Orient se font sentir et aucun moteur de croissance ne compense ce ralentissement. -
SCPI : les faits marquants du mois de Mai 2026
Chaque mois, la rédaction de L’Agefi Patrimoine vous propose un condensé des nouvelles des SCPI : acquisitions, cessions, liquidités, nominations… -
Les minoritaires de Meta réclament majoritairement le principe « une action, une voix »
Lors de l’assemblée générale du 27 mai, l’une des dix résolutions dissidentes, proposant d’adopter un plan de recapitalisation attribuant une voix à chaque action en circulation, a obtenu 26% de soutien, alors que Mark Zuckerberg contrôlait les deux tiers de l’assemblée. -
CVC prend goût au secteur des ingrédients
La société d'investissement va racheter pour 4,3 milliards de dollars la division d'ingrédients alimentaires de l'américain IFF, lequel se recentre sur les arômes, les fragrances et les ingrédients santé.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- Des investisseurs nordiques veulent empêcher le retour des forages arctiques
- Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
Contenu de nos partenaires
-
« Il y a une prime au gagnant considérable » : la folle course d'Anthropic, qui détrône OpenAI
Propulsé par son modèle phare Claude, Anthropic a levé 65 milliards de dollars le 28 mai, portant sa valorisation à 965 milliards de dollars, devant OpenAI. Un chiffre sidérant qui remet sur la table les débats autour d'une potentielle bulle financière de l'IA -
Donald Trump renonce à sa mainmise sur le Kennedy Center
Le président américain va transmettre le contrôle de la salle de spectacles au Congrès. Vendredi un juge fédéral a demandé à ce que son nom soit retiré du site ; la fermeture pour deux ans de travaux a également été retoquée -
Vents contrairesEn France, le choc pétrolier relance l’inflation et freine la consommation
Après un premier trimestre en repli, l'économie française encaisse le choc de la crise énergétique, qui alimente le niveau des prix et l'attentisme des ménages