Les tensions reprennent sur les rendements souverains espagnol et italien

Le taux à dix ans espagnol est remonté jusqu'à 6,2%. Le mouvement touche aussi les obligations financières européennes
Violaine Le Gall

L’incertitude politique qui règne en Grèce et les difficultés du système bancaire espagnol se sont traduites par un nouveau mouvement d’aversion pour le risque sur le marché de la dette en euro. Alors que le taux du Bund s’est réduit de 6 points de base (pb) à 1,45%, les rendements italien et espagnol se sont écartés de 19 et 22 pb à 5,67% et 6,17% respectivement. Le taux des Bonos n’avait plus été aussi élevé depuis fin novembre 2011. Il avait atteint un record à 6,69% le 25 novembre, avant de connaître une rapide détente après l’annonce de l’action coordonnée des banques centrales dans le monde. Les taux courts à trois mois restent stables mais les taux à deux ans remontent également.

L'état du secteur bancaire espagnol qui se voit imposer de nouvelles provisions et les doutes de la Commission européenne sur la capacité du gouvernement à réaliser ses objectifs de réduction du déficit budgétaire pèsent sur le marché obligataire. En avril, la dépendance des banques espagnoles au guichet de la BCE a encore grandi. Elles ont emprunté un montant record de 263,5 milliards d’euros le mois dernier, contre 227,6 milliards d’euros en mars, a annoncé la Banque d’Espagne hier.

Les adjudications à 3 et 5 ans de jeudi permettront de tester l’appétit des investisseurs dans cet environnement troublé. Hier, l’Italie a sollicité les investisseurs pour des emprunts à 3, 10 et 15 ans. En concédant une rémunération en hausse, elle a obtenu une demande soutenue.

La Grèce elle aussi inquiète les marchés, les différents partis ne parvenant pas à former une coalition. Une ligne obligataire de droit étranger pour 436 millions d’euros au total arrive à maturité aujourd’hui. Elle cote depuis quelques jours à 100% du pair, ce qui témoigne de la confiance des créanciers à obtenir son remboursement. Il pourrait être effectué grâce aux fonds débloqués il y a quelques jours par le FESF, le fonds européen de stabilité financière. Dans le cas contraire, il s’agirait d’un défaut désordonné.

Les banques européennes font les frais de cette nouvelle tourmente sur la dette souveraine. L’indice iTraxx sur la dette financière senior s’est tendu de 15 pb à 280 pb hier. Les indices actions reculent, tirés par les valeurs financières.

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