Les taux longs italiens effacent la crise du second semestre 2011
L’Italie n’affiche plus de prime de risque vis-à-vis de l’Espagne. Mais le pays est en retard sur son programme de financement
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Violaine Le Gall
L’opération de refinancement à trois ans de la BCE a provoqué une formidable détente sur les rendements des obligations d’Etat italiennes. Sur les maturités courtes, les taux se sont resserrés jusqu'à 70 points de base (pb) en quelques jours. Et le taux à 10 ans est repassé sous la barre de 5%, à son plus bas niveau depuis début juillet 2011. «L’Italie a clairement bénéficié de la dernière LTRO», souligne Ciaran O’Hagan, stratégiste taux de SG CIB. Les banques italiennes y ont emprunté 139 milliards d’euros, dont 80 milliards de liquidités nouvelles qui pourraient encore être réinvesties dans la dette souveraine. En janvier, elles ont augmenté de 11% leurs achats de dette d’Etat, d’après les statistiques de la BCE. Les efforts du gouvernement de Mario Monti pour réduire les déficits ont également été bien accueillis par le marché.
Les rendements espagnols, moins malmenés ces derniers mois, ont aussi bénéficié de l’effet LTRO, principalement sur la partie courte. Les taux à deux ans se sont détendus de 20 pb à 2,2% depuis le début de la semaine dernière. «Les obligations italiennes sont désormais très proches des niveaux des emprunts espagnols», relèvent les stratégistes taux de Natixis.
Malgré la forte détente des rendements italiens, les stratégistes taux de SG CIB ne sont pas entièrement rassurés. Le Trésor est en retard par rapport à l’an dernier et n’a réalisé que 18% des émissions prévues. A l’inverse, l’Espagne a déjà bouclé près de 40% de son programme. «La décision de l’Italie de ne pas procéder à des émissions de grande ampleur fonctionne bien pour le moment», puisque les rendements ont bien baissé, mais le Trésor «aura besoin de stabilité sur le reste de l’année 2012 pour que cette décision soit un succès», prévient Ciaran O’Hagan.
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