Les taux longs espagnols retombent à 6% en attendant les audits bancaires

L’Espagne a réussi son adjudication, facilitée par sa taille relativement limitée. Les audits sont le préalable à une aide internationale
Violaine Le Gall

L’Espagne a prouvé hier qu’elle avait encore accès au marché obligataire, mais dans certaines conditions. Elle a placé un peu plus de 2 milliards d’euros de titres à 2 ans, 4 ans et 10 ans, en offrant un rendement proche des plus hauts récents. La ligne à 10 ans a notamment été mise à prix à 6,04 %, le niveau le plus élevé depuis l’adjudication de novembre 2011.

Les investisseurs, probablement domestiques pour la plupart, ont soutenu la demande. Le ratio de couverture est ressorti à 3,29 sur la ligne à 10 ans, contre 2,42 sur la précédente adjudication. Sur les deux autres maturités, le ratio s’est également amélioré. La réussite de l’opération s’explique par la taille limitée de l’adjudication, soulignent les spécialistes.

Le marché secondaire s’est ensuite bien tenu. La détente entamée en début de journée s’est accélérée dans l’après-midi. Le taux d’intérêt à 10 ans est même repassé un moment sous la barre des 6 % en séance pour la première fois depuis le 25 mai.

Cette adjudication marque une nouvelle avancée du Trésor espagnol dans son programme de financement 2012. A ce jour, il a couvert 58% de ses besoins, a indiqué le ministère de l’Economie. L’Espagne est l’un des pays de la zone euro les plus avancés dans son programme avec la Belgique, les Pays-Bas et la France. L’Agence France Trésor a d’ailleurs adjugé hier 7,8 milliards d’euros à 7 ans, 10 ans, 15 ans et 50 ans à un niveau de rendement historiquement bas sur ces maturités (2,46% à 10 ans).

Sur le marché des taux espagnols, les investisseurs attendent dorénavant les résultats de différents audits sur le secteur bancaire du pays. Tout comme les dirigeants européens pour envisager un plan de soutien. Le 11 juin, le Fonds monétaire international (FMI) publiera son rapport sur le secteur bancaire espagnol. Il en ressortirait que celui-ci aurait besoin d’une injection de 40 milliards d’euros, d’après des sources citées par Reuters. Les besoins en capital totaux s'élèveraient à 90 milliards mais les banques en bonne santé sont capables de trouver les sommes elles-mêmes, ajoute Reuters.

Puis, d’ici à fin juin, les résultats des audits d’Oliver Wyman et Roland Berger seront publiés. Mandatés par le gouvernement, les cabinets de conseil donneront chacun leur estimation des besoins des établissements sur la base des données de la Banque d’Espagne.

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