«Les taux d’intérêts réels américains devraient rester bas et pour longtemps»
Matthieu Louanges, managing director chez PIMCO
Publié le
Patrick Aussannaire
Philippe Gaboriau
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L’Agefi : La Fed va-t-elle durcir le ton face à la hausse de l’inflation et la baisse du chômage plus rapides que prévu?
Matthieu Louanges : Il nous semble que la Fed a raison de garder un ton modéré et de souligner que les taux resteront bas pour «une période considérable». L’économie américaine croît à un niveau qui reste modeste, avec une révision à la baisse, cette semaine, des chiffres de croissance du premier trimestre et une baisse surprise des niveaux des commandes de biens durables. L’économie mondiale, elle aussi, ne croît que modérément. Nous pensons donc que la Fed va rester prudente et continuer sa diminution graduelle d’achat de titres et n’augmenter ses taux que l’année prochaine. Le haut niveau de dette dans le système économique incite également à la prudence.
Quelles sont vos prévisions de taux Fed Funds et longs?
Dans un contexte où le niveau agrégé d’endettement public et privé reste élevé et la demande des ménages et des entreprises faible, où le facteur démographique se détériore sous la pression à la baisse de la population active dans les pays développés et où les réglementations deviennent plus contraignantes, notamment dans les banques, nous nous attendons à ce que les taux d’intérêts réels, Fed Funds et obligataires, restent bas et pour longtemps. C’est notre thèse de la «nouvelle neutralité». La destination finale des hausses de taux de la Fed sera inférieure aux cycles passés et un niveau d’environ 2,5% semble plus vraisemblable que les 4% dont nous avions l’habitude dans le passé. Les taux longs, dans un monde moins volatile et avec des taux courts structurellement bas, devraient, eux aussi, rester à des niveaux historiquement bas.
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