Les taux courts italiens et espagnols profitent d’un effet Draghi

Mario Draghi, le président de la BCE, a indiqué que les rachats de dette viseraient les obligations allant jusqu'à 3 ans de maturité
Krystèle Tachdjian

Les taux d’emprunt à court terme espagnol et italien ont plongé hier, grâce aux propos tenus la veille par Mario Draghi devant les parlementaires européens. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) a quelque peu rassuré les investisseurs sur l’ampleur de l’intervention de l’institution monétaire sur le marché secondaire de la dette en précisant que le programme de rachat d’obligations à venir viserait des titres pouvant aller jusqu’à des échéances de 3 ans.

Le taux à 2 ans de l’Espagne a ainsi chuté aux alentours des 2,9% contre 3,5% lundi à la clôture alors qu’il était encore au-dessus de 7% à la fin du mois de juillet. Dans le même temps, le taux de même maturité italien est retombé à environ 2,3% contre 2,6 % la veille, repoussant un peu plus loin la barre des 5% autour de laquelle il évoluait en juillet. Les courbes italiennes et espagnoles ont ainsi retrouvé une forte pente depuis un mois. De son côté, le rendement du Bund allemand est légèrement remonté à 1,40%.

La définition de la notion de court terme a constitué un réel soulagement, étant donné que lors de sa dernière conférence de presse du 2 août Mario Draghi avait laissé entendre que la BCE pourrait se concentrer sur les achats de titres à échéance un an voire moins. Lors de son audition à huis clos devant la commission des affaires économiques et monétaires du parlement européen, éventée par les députés, Mario Draghi a tenu à rassurer sur la légalité de l’intervention envisagée en insistant sur le fait que les rachats d’obligations à un, deux, voire trois ans ne reviendraient pas à financer les déficits des Etats, une aide qui aurait été contraire aux traités européens.

Cette détente sur le marché des taux obligataires «montre à quel point il y a encore beaucoup d’incertitudes sur ce que va faire la BCE», souligne Frédérik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB.

Les yeux des marchés sont tournés vers la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE demain. Les investisseurs attendent encore des détails sur les contours exacts de l’intervention des banquiers centraux. Elle pourrait s’articuler autour d’une nouvelle baisse de ses taux directeurs et des rachats de titres des périphériques. Mais cet autre programme de rachat de dette reste subordonné à l’appel aux mécanismes de sauvetage européens FESF ou MES par les pays en difficultés.

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