« Les taux à long terme devraient s’orienter à la hausse ces prochains mois »
Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC
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Tân Le Quang
L’Agefi : La BCE sera-t-elle la première banque centrale à relever ses taux directeurs ?
Jean-Louis Mourier : En dépit de sa réputation d’extrême rigueur, la BCE pourrait être devancée, en ce qui concerne la normalisation des politiques monétaires, par la Banque d’Angleterre, voire par la Fed. La BoE doit faire face à une situation plus complexe encore à gérer que celle qui relève de la responsabilité de la BCE. L’inflation a moins faibli au Royaume-Uni qu’ailleurs et son rapide rebond l’a amenée à des niveaux inconfortables au regard du mandat de la BoE. Le premier relèvement de ses taux directeurs pourrait intervenir dans le courant du premier semestre, si le rapport sur l’inflation du mois de mai confirme que les pressions déflationnistes deviennent moins préoccupantes que les tensions inflationnistes. Mais, avant même toute remontée des taux directeurs, les grandes banques centrales vont amorcer un retour progressif à la régulation de leurs apports de liquidités.
Quelles sont vos perspectives à 6 mois sur les taux à 10 ans des deux côtés de l’Atlantique ?
Les taux à long terme devraient s’orienter à la hausse ces prochains mois. Leur maintien à bas niveau, malgré l’amélioration du climat économique, résulte essentiellement du caractère extrêmement accommodant des politiques monétaires. En permettant aux banques commerciales de refinancer la totalité de leurs portefeuilles de titres d’Etat à très bas taux d’intérêt, les banques centrales les ont aidées à financer les importants déficits des Etats. Avant même la hausse des taux directeurs, l’amorce de réduction des excès de liquidités devrait ainsi provoquer une hausse sensible des taux à 10 ans, des deux côtés de l’Atlantique.
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