« Les spreads sont larges alors que le taux de défaut est à un niveau peu élevé »
L’Agefi: Le resserrement des spreads de crédit va-t-il continuer ?
Stefan Isaacs: Je pense qu’en dépit du resserrement que nous observons depuis le printemps 2009, le crédit reste bon marché. Alors que la plupart des gouvernements du monde essayent de combler leur déficit public, les sociétés se trouvent dans une position relativement confortable, après avoir fortement coupé leurs coûts et optimisé leurs bilans durant la crise.
Pourtant d’un point de vue historique les spreads restent larges alors que le taux de défaut est à un niveau peu élevé. Janvier, par exemple, fut le premier mois depuis l’été 2007 où aucun des émetteurs de high yield noté par Moody’s n’a fait défaut. De plus, l’offre de crédit des entreprises devrait être beaucoup plus faible cette année qu’en 2009, et ainsi soutenir les spreads.
Quelle sera votre stratégie dans un tel contexte ?
Nous allons rester surpondérés en risque de crédit, en insistant sur les investissements obligataires high yield aux rendements plus élevés et de meilleures qualités. Les données économiques se sont fragilisées ces derniers temps, surtout en dehors des Etats-Unis. Ceci, conjugué à l’incertitude régnant sur les problématiques des pays périphériques européens, explique l’élargissement des spreads de ces dernières semaines.
Toutefois, nous voyons suffisamment d’éléments positifs sur les spreads pour constituer une opportunité d’achat, et pour rester positifs sur le crédit. Nous évitons cependant les pays périphériques européens et préfèrons les valeurs financières américaines aux banques anglaises et européennes.
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