«Les spreads peuvent encore renouer avec leurs niveaux de 2005-2007»
- L’Agefi : Qu’est-ce qui explique les turbulences rencontrées par le marché du crédit?
- Richard Woolnough : Sur le marché du crédit européen, le récent accès de faiblesse de l’activité au sein de la région est dû au caractère restrictif des conditions d’emprunt qui prévalait dans la zone euro il y a deux ans, en particulier dans les États périphériques. Les politiques sans cesse plus accommodantes de la BCE depuis lors signifient que les conditions monétaires dans la région sont aujourd’hui extrêmement différentes. Je m’attends à ce que cette situation contribue de manière significative à l’amélioration de l’activité économique. Outre-Atlantique et Outre-Manche, la reprise des économies est en bonne voie. Selon moi, elle devrait continuer de gagner en vigueur et être suivie de relèvements des taux d’intérêt.
- Quelle est votre stratégie dans ce contexte?
- J’identifie encore des opportunités au sein des obligations d’entreprises. En effet, même si les spreads de crédit se sont sensiblement contractés, ils demeurent toutefois encore loin de leurs points bas historiques. Grâce à la faiblesse du taux de défaut, je pense que les spreads peuvent encore se contracter et renouer avec leurs niveaux de 2005-2007. Sur le crédit noté BBB, les valorisations outre-Atlantique atteignent des niveaux plus intéressants qu’en Europe avec la faible probabilité d’une augmentation du taux de défaut. Sur le marché à haut rendement (HY), la probabilité d’une augmentation du taux de défaut étant faible, je suis tout à fait disposé à détenir une allocation aux obligations HY. En résumé, même si les spreads continuent de plus que compenser le risque de défaut, la sélectivité et la recherche crédit restent la clé de la réussite pour investir dans la classe d’actifs.
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