Les spécialistes des ETF plaident pour plus de transparence post-marché
Certains spécialistes des fonds indiciels cotés (exchange traded funds ou ETF) veulent promouvoir plus de transparence post-trade sur leur marché en pleine expansion. Une petite dizaine d’acteurs tels que BlackRrock, Source, Barclays, UBS ou encore Bats Chi-X Europe, mais pas Deutsche Bank ni Lyxor, se sont fendus hier d’une page de publicité dans le Financial Times alors que le régulateur européen, Esma, a lancé à la fin du mois de mai dernier une consultation sur les standards techniques de la régulation des marchés MIF 2.
«C’est rare de voir autant de professionnels parfois concurrents se mettre d’accord sur un sujet aussi pointu, souligne Eric Wohleber, directeur BlackRrockFrance. Quand on a une industrie qui se développe aussi vite que cela, il est logique de voir les infrastructures de marché évoluer aussi», assure-t-il. L’industrie européenne des ETF a crû de 23% par an depuis 2008 pour représenter 304 milliards d’euros d’actifs à la fin de l’année 2013, avec 2.130 cotations, selon les chiffres des professionnels. Au cours des 5 premiers mois de l’année 2014, les ETP ont collecté 26 milliards de dollars, soit déjà beaucoup plus qu’au cours de 2013 (19 milliards), selon BlackRrock.
Une transparence accrue permettrait de «réduire les coûts de trading et de donner de meilleures informations sur la ‘vraie’ liquidité», écrivent les professionnels dans un courrier à l’Esma daté d’avril. «Aujourd’hui il n’y a pas de transparence post-trade, explique Eric Wohleber. Le client final non seulement ne voit pas ce qui se passe sur les autres marchés mais ne voit pas non plus ce qui se passe de gré à gré (OTC)». Avec ses confrères, il insiste sur l’importance d’avoir des standards communs en matière de publication des données. Alors que le régulateur compte lier les obligations de transparence à la liquidité des titres, «on ne peut pas faire un copier-coller des critères de la liquidité des actions sur les ETF», prévient-il par ailleurs. Et de souligner que la liquidité des ETF dépend aussi de celle des titres sous-jacents.
A la demande des législateurs, l’Esma doit définir dans quelles conditions des opérateurs pourront développer des bases de données centralisées sur les transactions (consolidated tapes). Si aucun acteur ne s’empare du sujet, «nous encouragerons l’Esma à conseiller à la Commission de mandater un seule autorité pour fournir cette base de données», expliquent les professionnels dans leur courrier.
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