Les sociétés de gestion restent très rentables
La marge reste robuste. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié les résultats de son étude sur les données financières et la rentabilité des sociétés de gestion pour 2018. Les premiers constats pourraient paraître alarmants. Le régulateur constate en effet que leur résultat d’exploitation a baissé de 10,6% comparé à 2017, à 3,16 milliards d’euros en 2018, contre 3,54 milliards d’euros l’année précédente. Ce repli est la conséquence d’une augmentation de 3,7% des charges d’exploitation pendant la période (celles-ci passant de 11,85 milliards d’euros en 2017 à 12,29 milliards d’euros en 2018) pour une stagnation des produits d’exploitation, autour de 15,4 milliards d’euros. Cependant, malgré ces chiffres en baisse, la marge d’exploitation du secteur reste encore très élevée, à 20,5%. Si elle affiche un niveau inférieur aux 23% observés en 2017, ces chiffres sont comparable à ceux de 2016. En toute logique, la marge est corrélée au niveau des marchés d’actions, mais, même en période difficile, elle reste robuste et n’est jamais descendue au-dessous de 18%, même au plus fort des différentes crises financières observées depuis 2007 (le plus bas observé étant 18,1% en 2012).
Des marges jusqu'à 45%
Par ailleurs, la répartition de cette rentabilité des sociétés de gestion par décile montre qu’il est toujours possible, pour un gestionnaire, de rester extrêmement profitable. Ainsi, pour les 10% de sociétés de gestion les plus rentables, la marge peut atteindre 45,8% pour les établissements de crédit, 42,5%, pour celles détenues par des personnes physiques, 35,2% pour les entreprises d’assurances et mutuelles, 31,9% pour les sociétés de droit public et 28,4% pour les prestataires de services d’investissement (hors établissements de crédit). Evidemment tous ne sont pas logés à la même enseigne, mais ces chiffres feraient rêver beaucoup de sociétés industrielles et 90% des sociétés de gestion restent tout de même rentables.
Alors, certes, les sociétés de gestion sont confrontées à un environnement défavorable de taux bas, de marchés d’actions incertains, d’inflation des charges réglementaires, de concurrence accrue et de tensions sur les prix. Cependant, l’AMF salue tout de même le fait que «l’industrie française de la gestion d’actifs a su assurer sa profitabilité pourtant mise à l’épreuve en 2018». Les chiffres publiés ne laissent aucun doute sur ce sujet.
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