Les signes d’un assouplissement de la politique chinoise se multiplient
Pékin serait-il prêt à activer l’arme de l’assouplissement monétaire pour atteindre ses objectifs de croissance? En tous cas, c’est ce que souhaite le China Securities Journal, un des journaux officiels du pays, qui estime que la Banque populaire de Chine (PBOC) devrait réduire ses taux directeurs «au moment approprié» pour relancer la croissance et rétablir la confiance des investisseurs. «Le taux devrait être baissé en juin ou juillet» estime même China Merchants Bank.
Pour le moment, la PBOC a privilégié exclusivement la baisse du ratio de réserves obligatoires des banques ainsi que les opérations d’injection de liquidités par le biais du «repo». Problème qui a freiné Pékin pour le moment: «ouvrir à nouveau les vannes du crédit risquerait de relancer la même mécanique malsaine plutôt que d’enclencher un nécessaire assainissement financier» comme l’indique Primeview. D’ailleurs, il existe un large consensus qui considère que le plan de relance massif mis en place en 2008 était excessif et que ses conséquences se font encore sentir sur l’endettement et les créances douteuses des banques.
D’ailleurs, une porte-parole du ministère du logement et du développement urbain-rural citée par l’agence Xinhua a nié les récentes rumeurs faisant état d’un assouplissement des mesures de contrôle du marché immobilier. Selon un rapport publié par le site immobilier Soufun.com, 34 villes sur les 40 passées au crible ont connu une hausse des ventes de logements entre avril et mai, faisant ressurgir le spectre d’une résurgence des tensions sur les prix du secteur. Pour l’heure, les ventes restent en baisse de 6% depuis le début de l’année, selon le promoteur Vanke, et le ratio prix des biens sur revenus des ménages devrait baisser de plus de 9 en 2010 à 7 cette année, selon GaveKal.
Autre point d’inquiétude: le secteur privé donne des signes de fragilité. Alors qu’il représente environ les deux tiers du PIB chinois, il n’a reçu que 30% des prêts aux sociétés en 2010, contre 62% pour les entreprises du secteur public. Et l’endettement atteint des niveaux inquiétants. Selon S&P, les emprunts du secteur privé ont atteint 131% du PIB à la fin de l’année dernière. Si ce niveau est moins élevé que les 200% au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, il est supérieur à celui des pays émergents, en moyenne de 50%. Et son rythme de hausse qu’un quart en trois ans fait passer le risque de crédit du secteur à un niveau «élevé», selon S&P.
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