Les saisies immobilières aux Etats-Unis sont vouées à un vif rebond en 2012

Le nombre de procédures a chuté de 34% l’an passé, un repli en grande partie dû au scandale sur le traitement des dossiers par les prêteurs
Benoît Menou

Il s’agit bien d’une embellie en trompe-l’œil. Selon RealtyTrac, société d’études dédiée à l’immobilier outre-Atlantique, le nombre de logements concernés par des procédures de saisie immobilière (de l’avis de défaut de paiement de prêt à la mise aux enchères ou à la confiscation par la banque) a chuté d’un tiers l’an dernier (-34% à 1,89 million). Le sujet a concerné 1,45% des logements américains, un chiffre au plus bas depuis 2007 après deux exercices records.

Mais cette amélioration n’est que de façade, n'étant pas liée à une meilleure santé du marché immobilier mais à une vigilance accrue de la part des prêteurs. Les banques en effet ont subi le feu nourri des critiques de la part de l’opinion publique et de la classe politique après que des scandales ont éclaté à l’automne 2010 concernant les modalités de déclenchement des procédures.

En l’occurrence, les banques ont eu recours à des procédures automatisées (ou de «robo-signing»), accordant la préférence aux décisions des modèles mathématiques de leurs systèmes informatiques aux dépens d’une analyse au cas par cas par un conseiller. Des négociations pour règlement à l’amiable sont toujours en cours avec les procureurs généraux de certains Etats, et la réglementation a été renforcée, comme dans le Nevada, Etat le plus touché par les saisies pour chacune des cinq dernières années.

La nette accalmie observée l’an dernier sur le front des saisies reflète ainsi un allongement de la durée des procédures complètes, à 348 jours au quatrième trimestre 2011, 12 de plus qu’au trimestre précédent et 43 de plus qu’au quatrième trimestre 2010. Dans certains Etats de poids comme New York, la Floride ou le New Jersey, la procédure moyenne dure désormais plus de 800 jours.

Ce dysfonctionnement n’est pas de bon augure pour l’exercice en cours. Selon le directeur général de RealtyTrac, Brandon Moore, les prêteurs ont commencé ces derniers mois à vouloir réduire le volume des dossiers en souffrance. Déjà en décembre, les confiscations de biens par les banques ont progressé de 10% d’un mois sur l’autre. Sur l’ensemble de l’année 2012, elles pourraient augmenter de 25%. Le volume de saisies ne devrait pas renouer avec le pic atteint en 2010 mais aura certainement de quoi peser sur les prix de l’immobilier résidentiel tout au long de l’année. «Sans relever du tsunami», selon RealtyTrac.

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