Les rythmes de croissance divergent toujours au sein de la zone euro

Tandis que l’Allemagne tire son épingle du jeu, les pays périphériques sont affaiblis par la rigueur budgétaire
Violaine Le Gall

La croissance de la zone euro a ralenti au troisième trimestre, à 0,4%, après un deuxième trimestre dynamique durant lequel le produit intérieur brut (PIB) avait avancé de 1%. «La reprise s’est normalisée dans la plupart des pays de la zone euro après un deuxième trimestre exceptionnel, commente Carsten Brzeski, économiste chez ING. La reprise européenne se poursuit.» Mais la situation est loin d’être uniforme. Par rapport au deuxième trimestre, le PIB est en hausse de 0,7% en Allemagne tandis qu’il recule de 1,1 % en Grèce, d’après les données publiées par Eurostat vendredi dernier. «L’écart entre l’Allemagne et le reste de la zone est très frappant. Tandis que la croissance allemande annualisée s’est élevée à 5% sur les neuf premiers mois de l’année, celle du reste de la zone euro est ressortie à 1,2%», analyse Greg Fuzesi, économiste chez JPMorgan. En termes de niveau, le PIB allemand a déjà rattrapé 70% de son repli depuis son point bas contre 20% pour le reste de la région.

Outre l’Allemagne, la Finlande, la Slovaquie et l’Autriche ont affiché les plus forts rythmes de croissance. La France est pour sa part en ligne avec la moyenne européenne. Derrière, les Pays-Bas sont le seul pays avec la Grèce à enregistrer une contraction du PIB. «Seuls le Portugal et Chypre ont vu leur taux de croissance s’accélérer par rapport au deuxième trimestre», détaille Carsten Brzeski.

Malgré ce rebond portugais, la situation des pays périphériques n’est guère encourageante. «Alors que certaines économies de la zone euro devraient déjà retrouver leurs niveaux d’avant-crise au cours de l’an prochain, les pays périphériques de la zone sont encore en difficulté et sont en retard sur la reprise», explique l’économiste d’ING. Compte tenu de la consolidation budgétaire et des réformes structurelles dans ces pays, ce décalage ne va probablement pas s’effacer prochainement, ajoute-t-il. La tâche de la Banque centrale européenne promet donc d’être compliquée à l’avenir.

Sur l’ensemble de l’année 2010, la croissance de la zone euro est attendue en hausse de 1,7% par les économistes. «L’activité devrait désormais nettement fléchir et la croissance rester sous le potentiel à l’horizon fin 2011», avancent les économistes de Natixis qui tablent sur une croissance de 1,1% en 2011.

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