Les robo-advisors n’ont plus la cote auprès des gestionnaires d’actifs
Les robo-advisorsn’ont plus le vent en poupe. Seuls 7% des gestionnaires d’actifs les considèrent comme une source majeure de disruption de leur industrie au cours des cinq prochaines années, selon l’enquête annuelle de Linedata publiée lundi, et réalisée auprès de 100 gérants d’actifs et administrateurs de fonds à travers le monde entre novembre et décembre 2018. Un pourcentage en net recul par rapport à l’année précédente, quand 22% des répondants voyaient les robo-advisors comme un facteur de bouleversement majeur. De même, seulement 12% des gestionnaires d’actifs considèrent la blockchain comme «le plus grand disrupteur», contre 16% en 2018. La révolution des robo-advisors «touche davantage les banquiers ou les assureurs, qui vont s’appuyer sur ces solutions digitales pour proposer un conseil ou une gestion de haut niveau à moindre coût, et aider à satisfaire leurs clients», estime Yannick Gaillard, partner chez Chappuis Halder & Co. Ce type d’innovation est «moins impactant pour les asset managers qui, en Europe ou en France, représentent une faible part de la gestion en direct», ajoute-t-il.
Autre explication : «en 2019, les gestionnaires d’actifs ont tendance à se recentrer sur des innovations capables d’apporter une efficacité opérationnelle à moyen ou court terme», explique à L’Agefi Bertrand Cocagne, responsable des projets innovation chez Linedata. «Du côté des robo-advisors, il y a déjà beaucoup d’acteurs sur le marché et c’est difficile d’être plus performant que des algorithmes mis en place il y a 10 ou 15 ans. Par ailleurs, cette technologie n’est pas totalement mature. Personne ne sait comment se comporte le robo-advisor lorsque le marché est en décroissance. Pour la blockchain, les projets lancés il y a deux ans ayant nécessité beaucoup d’investissements n’ont pas encore mené à des résultats concrets», complète-t-il.
Frappés par le retournement de marché de la fin 2018, les gestionnaires d’actifs ont pour principale préoccupation en 2019 le maintien de leurs bonnes performances sur les investissements (34%), le recrutement de nouveaux clients (33%) et le maintien de l’efficacité opérationnelle (33%). Pour ce faire, ils misent sur la gestion et l’analyse de données, notamment les technologies de machine learning, qui constituent l’un de leurs principaux domaines de dépenses informatiques. 23% des gestionnaires d’actifs pensent, en effet, que l’objectif de l’analyse des données est l’amélioration des décisions d’investissement.
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