Les RMBS irlandais sous pression
Le marché de la titrisation a ressenti les remous causés par la réémergence des craintes sur l’Irlande. Les titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) irlandais notés AAA de maturités 3 à 5 ans ont vu leurs spreads se creuser depuis début novembre de 120 pb, à environ 800 pb, selon UniCredit.
La dégradation de l’immobilier en Irlande et un taux de chômage de plus de 14%, ne fait qu’empirer la situation. S&P a placé sous perspective négative les notes de cinq tranches du RMBS Kildare (Bank of Ireland), suite à une hausse des arriérés et un déclin des prix immobiliers. «Une détérioration de la capacité financière des emprunteurs, un autre plongeon du marché immobilier, une poursuite de la détérioration de la performance des prêts hypothécaires et des problèmes d’originateurs et de contreparties sont imminents en Irlande, précise UniCredit, ce qui conduira à d’autres dégradations et une poursuite de la dégradation des fondamentaux des RMBS irlandais et accroît le risque de crédit pour les transactions irlandaises».
D’après Barclays, les RMBS irlandais AAA traitent autour de 72 euros sur le pair, contre 81 euros pour les RMBS portugais AAA. Des niveaux planchers en Europe tandis que peu de transactions périphériques traitent sur le marché secondaire. Pour SG CIB, le problème est plus une question d’illiquidité que de niveau de spread. Ce type de papier «sera très probablement écarté par le marché au risque qu’il n’y ait virtuellement plus de trading sur le marché secondaire».
Ce contexte devrait continuer à tétaniser les émetteurs. Selon UniCredit, les émetteurs en Irlande ont retenu à leur bilan 32 milliards d’euros d’émissions de titrisations en 2008, 13,8 milliards en 2009 et 5,6 milliards en 2010. Un phénomène qui devrait se poursuivre avec un éventuel processus de restructuration/réémission/rétention qui pourrait voir le jour d’ici à la fin mars 2011, vu que près de 40 milliards d’euros de titrisations, selon Deutsche Bank, seront inéligibles à cette date au repo auprès de la BCE.
La seule lueur d’espoir serait un plan de sauvetage qui limiterait la baisse des prix des titrisations. Deutsche Bank estime qu’une résolution de la situation du risque souverain irlandais pourrait certainement nourrir leur revalorisation. Les prix des titrisations grecques s’étaient stabilisés après l’annonce du plan de sauvetage historique du printemps dernier.
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