Les RMBS espagnols suscitent à nouveau l’inquiétude
Mauvaise nouvelle pour les titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS). Les signes de dégradation de l’immobilier en Espagne se multiplient. Les prix dans le secteur, en baisse depuis deux ans, ont encore reculé de 3,4% sur un an au troisième trimestre. Moody’s a relevé une certaine illiquidité du marché immobilier espagnol et surtout un pic record, depuis 2007, des saisies hypothécaires. Des conditions qui ne favorisent pas les RMBS puisque les saisies accroissent le degré de sévérité des pertes, assèchent davantage la liquidité des transactions et augmentent la prise de risque en trésorerie.
Le volume des saisies immobilières portées en justice a crû de 126 % en 2008 et de 59% en 2009 en rythme annuel. Au premier trimestre 2010, un pic de 27.561 hypothèques saisies a été enregistré dans le pays. Surtout, l’agence estime que ce chiffre sous-estime le nombre actuel de propriétés reprises par des entités financières. Selon UniCredit, il est possible qu’une procédure de saisies puisse impliquer plus de 20 résidences. Or les établissements prêteurs immobiliers ont tendance à accepter des accords à l’amiable, acceptant la propriété comme paiement et libérant par la suite le débiteur de sa dette. D’après la Banque d’Espagne, banques et caisses d’épargne détiennent dans leurs comptes 20,5 milliards d’euros de propriétés.
Alors que le marché primaire de la titrisation en Espagne reste atone en 2010, Deutsche Bank estime que le ralentissement des prêts douteux relevé par la Banque d’Espagne «pourrait se retourner au troisième trimestre et affecter les paniers d’actifs sous-jacents des RMBS espagnols», notamment suite à d’éventuels vents contraires découlant des mesures d’austérité budgétaire et de la poursuite du déclin de l’immobilier. D’ailleurs, Fitch a récemment dégradé 45 tranches logées dans 13 RMBS pour des raisons d’assèchement des fonds de réserves ou des défauts sur les prêts sous-jacents.
Selon Deutsche Bank, le risque de contrepartie dans le secteur troublé des caisses d’épargne pourrait nourrir des baisses de notation et renverser la dynamique des spreads. Ces derniers, sur les tranches des RMBS notées BBB, se sont resserrés depuis mi-2009, passant de 4.000 pb à actuellement 2.000 pb. Ceux des RMBS italiens, britanniques et néerlandais évoluent entre 500 et 1.000 pb.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques américaines surfent sur les opérations de marché
JPMorgan, Goldman Sachs, BofA, Citigroup et Wells Fargo ont tiré parti du dynamisme du trading et de leurs activités dans la banque d’investissement au deuxième trimestre 2026. -
L’AMF mise sur la directive SRD 3 pour faciliter l’exercice des droits des actionnaires
Le régulateur français dévoile ses réponses à la consultation de Bruxelles sur la révision de la directive concernant le droit des actionnaires (SRD). -
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.