Les risques de surchauffe du marché immobilier britannique sont surestimés
L’organe des risques systémiques de la BoE est en alerte, mais le niveau et le rythme de hausse des prix restent sous leur moyenne de long terme
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Patrick Aussannaire
Jusqu’ici tout va bien. L’organe de politique financière de la Banque d’Angleterre (FPC) chargé d’«identifier, piloter et prendre des mesures pour effacer ou réduire les risques systémiques, et dont le but est de protéger et renforcer la résistance du système financier britannique», et qui gagne en poids face à l’illustre Comité de politique monétaire (MPC), a indiqué qu’il restait certes «vigilant» quant au risque de surchauffe du marché immobilier britannique, mais que la situation ne suscitait aucune inquiétude au stade actuel.
Les derniers chiffres publiés par l’institut Nationwide faisant état d’un rythme de hausse des prix immobiliers de 4,4% en août, ainsi que les chiffres révisés de la croissance du PIB britannique publiés hier, qui montrent une progression de la construction plus forte que prévu, de 1,9% sur le deuxième trimestre, font ressurgir les craintes d’une bulle sur le secteur.
Pourtant, «les preuves actuelles d’une éventuelle bulle du marché immobilier britannique ne semblent pas probantes», estime BNP Paribas. Les prix restent toujours inférieurs de 8,5% à leur plus haut niveau atteint en octobre 2007, et la moyenne des prix sur les huit premiers mois de l’année n’est supérieure que de 1,5% à celle sur la même période de 2012, de 0,8% sur 2011 et équivalent à celle de 2010. En outre, le rythme de croissance des prix reste inférieur à sa moyenne de long terme en rythme annuel, de 5,7%.
Si les octrois de prêts hypothécaires se sont envolés de 30% sur un an en juillet, ils restent à un niveau d’environ 60.000 par mois, très inférieur à leur moyenne d’avant la crise de 99.000. Le FPC estime en outre que le ratio de prêts sur valeur utilisé par les banques pour jauger le risque de défaut demeure également «sous ses moyennes historiques de long terme». D’ailleurs, les prêts nets garantis aux particuliers se montent à 700 millions de livres en moyenne par mois depuis le début de l’année, contre une moyenne de 4,7 milliards constatée avant la crise.
La principale source d’inquiétude provient de l’impact du programme «Help to Buy» lancé par Londres, qui devrait engendrer des montants de prêts hypothécaires supplémentaires équivalents à 10% du stock actuel de 1.250 milliards de livres, soit 130 milliards. «Il s’agit d’un programme important, qui devrait fournir un nouveau coup de pouce significatif à un marché déjà en phase de reprise», estime BNP Paribas.
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