Les risques de déflation concentrent l’attention de la BCE
Il s’agissait du motif principal de l’action surprise de la BCE sur ses taux directeurs le 7 novembre : la baisse de l’inflation en zone euro à 0,7%, son plus faible niveau depuis 2009, a été confirmée vendredi. Mario Draghi anticipe lui-même une «période prolongée de faible inflation». L’inflation sous-jacente a d’ailleurs également été confirmée à 0,8%, au plus bas depuis février 2010.
La Grèce et l’Irlande sont ainsi toujours en déflation, alors que les prix sont stables en Espagne et au Portugal. Les pays du sud de l’Europe sont les plus exposés, «un choc extérieur pouvant entrainer une spirale négative, alimentée par un taux de chômage élevé et la baisse des salaires», explique la société de gestion GaveKal. Dans ce contexte, la décision de la BCE est motivée par une «menace bien réelle de déflation, puisque le taux d’intérêt à long terme de la zone euro est nettement supérieur au taux de croissance de la zone», ajoute Natixis.
Si la décision de la BCE de ramener les taux directeurs à 0,25% «devrait être peu efficace pour réduire les risques de désinflation, la mention d’autres outils disponibles plus agressifs suggère qu’elle est prête à agir de manière plus agressive si nécessaire», estime Morgan Stanley. La possibilité d’un nouveau VLTRO semble avoir été écartée. Natixis évoque néanmoins la possibilité d’une baisse du taux de réserves obligatoires de 1% à 0,5%, ce qui libérerait 50 milliards d’euros de liquidités pour les banques.
Dans le même temps, l’arme d’un taux de dépôt en territoire négatif, évoquée par le chef économiste de l’autorité monétaire, semble privilégiée. Pourtant, avec un taux Eonia à un an anticipé dans un an à seulement 22 pb, contre 50 pb avant la décision, les possibilités de baisse supplémentaire semblent limitées. «Le fait que la BCE ait baissé le taux de refinancement et créé une asymétrie dans le corridor de taux suggère qu’il existe encore des obstacles pour des taux négatifs», ajoute Morgan Stanley.
Dans ce contexte, les options plus agressives pourraient n’être activées qu’en dernier ressort. En effet, l’affaiblissement des prix énergétiques explique environ 60% de la baisse du taux d’inflation en zone euro sur un an, de 2,5% à 0,7%, avec une chute du sous-indice de +8,0% à -1,7% sur la période. Par ailleurs, les points morts des obligations 10 ans indexées sur l’inflation de la zone euro restent stables à 1,7%.
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