Les révisions d’objectifs de cours s’accumulent sur Saint-Gobain
Depuis quelques jours, les analystes ont fait tourner leurs modèles sur Saint-Gobain. Et il en ressort une baisse généralisée des objectifs de cours. Parmi les plus récentes annonces, JPMorgan s’est contenté d’enlever 2 euros à son objectif (88 euros) tout comme Société Générale (59 euros). Mais d’autres ont eu la main plus lourde, tels Citigroup (passé de 90 à 75 euros) ou Credit Suisse qui dès le 16 janvier avait ramené son objectif de 80 à 60 euros.
Alors que le groupe a lui-même prévu une croissance « modérée » pour 2008, les experts se veulent particulièrement prudents sur le début d’année car « le premier trimestre 2007 a été le trimestre le plus soutenu l’an passé avec une croissance de 8 % », rappelle JPMorgan. Sans compter que le contexte économique actuel n’incite guère à l’excès d’optimisme. « Nous pensons que Saint-Gobain va connaître une croissance très limitée de son opérationnel en 2008 (1 % hors Maxit) et 2009 (4 %) compte tenu du ralentissement du marché du logement neuf en Europe, du ralentissement de l’économie américaine et de la faible exposition aux marchés émergents(moins de 20 % des résultats) », détaille Credit Suisse.
En résumé, Saint-Gobain doit donc se préparer à affronter une période plus difficile après des années 2006 et 2007 dynamiques. Pour JPMorgan, l’impact du ralentissement de l’immobilier en Europe devrait notamment « plus que compenser les 80 millions d’euros d’économies de coûts programmées pour 2008 ». Dans le pire des scénarios, Credit Suisse envisage même que la valorisation puisse tomber à 40-45 euros l’action.
Mais bien qu’ils aient ajusté leurs objectifs pour refléter des perspectives moins dégagées, les analystes jugent que la correction a été lourde. Pour preuve, 16 experts, sur les 23 que recense le consensus Bloomberg, sont encore positifs. Et en moyenne, l’objectif de cours ressort à 75,84 euros, soit 50 % au-dessus du niveau actuel. Wendel ne serait probablement pas mécontent que le titre remonte vers ces niveaux. Car à 75 euros, sa participation de 17,87 % vaudrait un peu plus que son coût d’achat (5 milliards contre 4,85 milliards), alors qu’aujourd’hui elle pèse à peine plus de 3,43 milliards. « Un flux de nouvelles positif (s’avérerait) toutefois nécessaire pour envisager une réduction de la décote », prévient une note de CM-CIC. Ce qui semble pour les analystes difficilement envisageable à très court terme.
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