Les résultats d’EDF marqueront une pause dans leur progression en 2008
Nouvelles ambitions. Son programme de performance «Altitude» désormais largement accompli, avec un gain d’Ebitda de 1,22 milliard d’euros sur 2005-2007, pour un objectif de 1 milliard, EDF se fixe de nouveaux défis. Dans le cadre du plan «Excellence opérationnelle», l’énergéticien vise un nouveau gain de un milliard d’euros d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 2008 à 2010.
Toutefois, 2008 devrait marquer une pause dans la progression des résultats, avec un Ebitda en hausse de moins de 3%, «autour de 300 millions d’euros», assure Daniel Camus, directeur général délégué finances d’EDF (soit une hausse attendue de 2%), avec un résultat net stable et un dividende a minima inchangé. Des perspectives largement sanctionnées par le marché, avec un repli de 9,39% à 67,05 euros de l’action EDF. Une baisse toutefois à relativiser au regard de la performance du titre, qui a bondi de 109% depuis son introduction en novembre 2005.
En revanche, l’Ebitda devrait reprendre une croissance moyenne annuelle de 3% à 6% dès 2009. Néanmoins, «la société devrait enregistrer une croissance en bas de fourchette après 2008», estiment les analystes de WestLB. Parmi les principaux leviers d’amélioration, EDF évoque une meilleure performance des processus opérationnels - avec notamment un objectif de coefficient de disponibilité des centrales nucléaires de 85% dans trois à quatre ans, contre 80,2% actuellement -, la poursuite de l’optimisation des achats pour limiter l’impact de la hausse des coûts des matières premières, des énergies et des équipements, et l’accélération des synergies dans le groupe.
Parallèlement à cette amélioration de la performance opérationnelle, EDF se fixe comme second objectif prioritaire l’investissement pour une croissance industrielle durable. Ainsi, cette année verra l’accélération des développements pour préparer l’avenir, avec 10 milliards d’euros d’investissements opérationnels (contre 7,5 milliards en 2007).
EDF compte ainsi conforter son leadership européen, avec plus de 35 milliards d’euros d’investissements en trois ans, dont 20 milliards en France, dans la production et les réseaux. A horizon 2015, l’énergéticien vise 15% de parts de marché des ventes de gaz naturel en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie. En outre, les capacités en énergies renouvelables seront triplées d’ici à 2012 (essentiellement en éolien), et EDF confortera sa position dans le nucléaire, avec des investissements dans plus de 10 EPR, en exploitation d’ici à 2020.
Sans compter des opérations de croissance externe ciblées, qui pourraient se faire éventuellement par échanges d’actifs. En particulier en Belgique et en Espagne (lire l’encadré). Dans le cadre du rapprochement de Suez et de Gaz de France, leurs participations dans SPE et Distrigaz seront mises sur le marché. EDF, comme d’autres acteurs du secteur, a déjà manifesté son intérêt.
En 2007, EDF a dégagé des résultats légèrement au-dessus des attentes du marché (voir le tableau) et abaissé son ratio d’endettement de 2 points à 36%. Il versera 50% de son résultat net courant, soit un dividende de 1,28 euro par action, en hausse de 10,6%.
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