Les résultats de Michelin vont être amputés de 150 millions d’euros
Face à la détérioration continue de la demande, le manufacturier a décidé de réduire son activité pour limiter ses stocks
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Olivier Decarre
Fin octobre, Michelin avait constaté une dégradation marquée de la demande qui l’avait contraint à lancer un avertissement. Un mois et demi plus tard, le ciel s’est encore assombri. «Le mois de novembre a vu une nouvelle et forte détérioration du niveau de la demande en pneumatiques par rapport à la tendance observée en octobre», a indiqué hier le manufacturier.
Conséquence, afin de maîtriser ses stocks, le groupe a décidé de mettre en œuvre «des réductions significatives d’activité dans la plupart de ses usines». Les coûts exceptionnels induits s’élèveront à 150 millions d’euros sur le quatrième trimestre. Un chiffre loin d’être anecdotique si on le compare au consensus annuel des analystes, de 1,15 milliard pour l’opérationnel et de 595 millions pour le net. Le marché a d’ailleurs fait plier le titre de 3,13 % hier à 36 euros.
Si elle constitue à l’évidence une mauvaise nouvelle de plus, cette annonce ne semble pas en revanche en mesure de remettre en cause les dernières prévisions faites par Michelin concernant sa marge opérationnelle. Lorsque l’industriel avait indiqué que sa marge annuelle pourrait se situer entre 7% et 7,5%, il avait de fait souligné que cette projection devait s’entendre hors exceptionnels. Cela n’empêche toutefois pas les experts de se montrer un peu plus prudents. Alors qu’ils visaient début octobre 8,1% à 8,2% de marge, ils n’attendent plus en moyenne que 6,9% sur l’année, d’après Bloomberg. Comparé aux 8,6% atteints à fin juin, ce pronostic donne une idée de la baisse de rentabilité que devrait avoir subi le groupe en fin d’année.
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