Les résultats américains ne devraient pas trop décevoir, sauf dans la banque
Si le marché anticipe une baisse de 8,4 % des bénéfices du quatrième trimestre, c’est en raison de la chute attendue de 62 % sur les financières
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Bruno de Roulhac
Alcoa a-t-il donné le ton général des résultats des sociétés américaines pour 2007 ? Rien n’est moins sûr ! Si le producteur d’aluminium, qui lance traditionnellement le bal des résultats, a dévoilé des chiffres supérieurs aux attentes, Capital One et American Express viennent de lancer un avertissement sur leurs résultats. Sans compter les rumeurs de nouvelles dépréciations d’actifs de Merrill Lynch.
D’ailleurs, la semaine dernière l’enquête Reuters anticipait un recul de 8,4 % des bénéfices des sociétés du S&P 500 au quatrième trimestre 2007. Des anticipations qui ne font que reculer de semaine en semaine, alors qu’au début du trimestre écoulé le marché espérait une croissance bénéficiaire de 11,5 %. Bien évidemment, le secteur financier est responsable de ces révisions à la baisse. Sur les trois derniers mois 2007, les bénéfices des financières sont attendus en chute de 62 %.
Ces chiffres ne doivent pas cacher des attentes moins pessimistes. Sur les dix sous-secteurs du S&P 500, seules les croissances bénéficiaires des financières, des matériaux de base (-10 %) et de la consommation cyclique (-2 %) sont attendues en recul. D’ailleurs, « nous n’anticipons pas trop de déceptions, confie Christian Parisot, économiste chez Aurel. Même si une certaine pression sur les marges pourrait pénaliser les sociétés ». En attendant, l’enquête Reuters anticipe une hausse de 12 % des bénéfices trimestriels du secteur de la santé, et même de 23 % pour les valeurs technologiques. Sur ce compartiment, « les biens de consommation, notamment l'électronique grand public, devraient bien se comporter. En revanche, le risque de réduction des budgets des entreprises devrait peser sur les SSII », ajoute Christian Parisot. Plus globalement, de nombreuses entreprises américaines exportatrices ont profité de la faiblesse du dollar face aux autres devises, et bénéficié de la forte demande des pays émergents.
« Quant aux perspectives, elles pâtiront du manque de visibilité et cette incertitude devrait se ressentir dans le discours des entreprises et se traduire par des perspectives peu détaillées et des chiffres très conservateurs », poursuit Christian Parisot. Pour l’heure, l’enquête Reuters table seulement sur une croissance de 4,7 % des bénéfices du S&P 500 au premier trimestre 2008 et de 4,6 % au deuxième, au lieu de respectivement 11,4 % et 9,4 % espérés début octobre dernier.
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