Les reports d’introductions en Bourse à un plus haut de dix ans en janvier

L’instabilité des marchés ferme pour le moment cette porte de sortie aux fonds de capital-investissement
Yves-Marc Le Réour

Le plongeon des marchés actions depuis le début de cette année a conduit à 24 reports d’introductions en Bourse (IPO) tous pays confondus au cours du mois de janvier, un record depuis dix ans selon des statistiques compilées par Bloomberg. De quoi fermer aux sociétés de capital-investissement une autre porte de sortie, après le coup d’arrêt aux gros LBO secondaires.

Parmi les dernières victimes en date, on trouve la société de mode américaine Tommy Hilfiger détenue depuis 2005 par le fonds de private equity Apax Partners. Valorisée entre 2 et 3 milliards d’euros, elle devait faire prochainement ses débuts sur Euronext à Amsterdam, ville de son siège social. Le Danemark a pour sa part vu l’annulation la semaine dernière de la plus importante IPO prévue depuis dix ans, celle du groupe énergétique Dong Energy. Actionnaire à 73 %, le gouvernement danois, qui tablait sur une capitalisation boursière de 60 à 70 milliards de couronnes danoises (8 à 9,4 milliards d’euros), a reculé face à des investisseurs demandant une décote de 35 %. Des opérations de moindre importance viennent également d’être repoussées à Hongkong, au Mexique ou en Italie.

Selon le cabinet d’avocat Jones Day à New York, « à moins d’un retournement de tendance spectaculaire, les conditions de marché devraient continuer à placer nombre d’opérations en sommeil ». L’IPO Index de Bloomberg, indice qui mesure la performance des valeurs durant la première année suivant leur introduction, avait déjà perdu 9 % l’année dernière, tandis que la France, la Suède, la Pologne, l’Australie ou le Mexique font partie des 40 pays ayant vu leurs indices de référence baisser d’au moins 20 % depuis leur plus haut de la mi-2007.

Malgré ces vents contraires, des fenêtres restent ouvertes pour des groupes financièrement solides, puisque 50 sociétés sont parvenues à lever 7 milliards de dollars globalement depuis début janvier (dont 41 % aux Etats-Unis en valeur). Jay Ritter, professeur à l’Université de Floride, souligne en outre que cette désaffection laisse la porte ouverte à d’autres sources de financement, particulièrement pour les petites et moyennes capitalisations qui pourraient faire l’objet d’acquisitions pures et simples. « Etant donné que de nombreux groupes industriels ou fonds de private equity sont à l’affût d’acquisitions ciblées, certaines sociétés pourraient avoir recours à cette solution », affirme t-il.

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